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 « Je chante la joie d'errer » [PV Kilik]

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Meilyn O'Ceann


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MessageSujet: « Je chante la joie d'errer » [PV Kilik]   Ven 20 Aoû - 13:02

    «On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte.»
    Apollinaire


    Pof. Pof. Pour mettre ses lentilles, Meilyn fait ‘pof’ dans ses yeux. Ce n’est pas un monstre, c’est ce qu’on appelle l’habitude. Comme pour le code de la route, avec l’habitude, on devient moins prudent, mais plus doué aussi. Au final, on revient au même, plus doué, l’habitude ne nous fait pas un énorme défaut.
    Ce jour-là, jour de repos, pas de cours. Les pensionnaires erraient librement dans l’établissement, se promenaient, que ce soit pour enfreindre les règles en s’isolant dangereusement dans ces lieux formellement interdit par le règlement ou tenter de faire de nouvelles rencontres en flânant au complexe sportif ou salles de classes où il est susceptible de trouver quelqu’un d’intéressant. Certains dormaient comme des marmottes dans leur nid, tandis que d’autres, comme Meilyn, se réveillaient à une heure raisonnable. La jeune fille suivait les autres élèves, comme un mouton dans son troupeau. Gambadant telle une gazelle dans la savane, balayant les lieux avec un regard qui semble totalement indifférent. Un regard complètement opaque, vide, une personne ordinaire ne verrait rien à travers. Elle ne faisait aucun effort pour garder un tel regard, à quoi bon, les paroles dénonçaient nos pensées, la syntaxe des phrases dévoilait nos intentions. Tout est relatif, tout est fait dans un but. Mais Meilyn errait sans but, un mouton qui attendait que le repas tombe du ciel.

    Elle en fut arrivée à la sortie du pensionnat, hésitant à mettre un pas dehors. Aucune peur de se perdre, elle pourra toujours demander son orientation à un passant. Le seul problème était là. Qu’allait-elle faire une fois dehors ? Si jamais une de ces maudites questions lui venait à l’esprit, allait-elle la poser à un inconnu passant par là ? Il est toujours meilleur de visiter avec une petite compagnie. Quelqu’un qui connaît les lieux. Malgré ce petit obstacle, la demoiselle restait simple, comme toujours. Il lui fallait simplement une raison pour laquelle sortir, visiter ? Pas par un temps aussi gris. Là, il lui fallait un petit bip pour qu’elle se décide à sortir, pour qu’elle se bouge un peu, pour qu’elle fasse quelque chose, au lieu de rester plantée ici à fixer ces nuages gris. Et cet élément tant attendu arriva. Un homme aux cheveux argentés qui passait par là. Qui sortait de l’établissement, qui franchissait la barrière invisible nous séparant du monde extérieur.
    Une minute. L’établissement dont il en sortait était le même que celui de Meilyn. Un établissement pour ‘jeunes’, pour ‘adolescents’. Il a les cheveux argentés. Un vieux ? Le concierge ? Pas un professeur ni un surveillant. Une personne âgée, -pour être poli-, ne supporterait pas les ravages que pourraient causer des jeunes. D’ailleurs, en traversant cet énorme portail, Meilyn avait aperçu une coupure sur son visage lisse, c’est-à-dire ‘pas ridée’. Aller hop, allons à sa chasse.

    Comme une espionne engagée par une organisation secrète, Meilyn, les mains dans les poches, la tête baissée, à moitié cachée par ses longs cheveux bruns, se mit à la poursuite de cet individu. Violation à la vie privée ? Assurément, ce n’est pas le cas. Il se promenait sur une voie publique, elle avait le droit de prendre le même chemin, n’est-ce-pas. Les bâtiments défilaient, de moins en moins de maisons bordaient la route, de moins en moins de monde camouflaient la demoiselle, de plus en plus de verdure les entourait. Elle gardait une distance d’environ dix mètres, marchant à son rythme. Et s’il la découvrait ? Comment pourrait-elle réagir ? Tant pis, elle n’en sera pas morte.
    Le jeune homme s’arrêta. Meilyn fit de même, légèrement surprise. Tout semblait scénarisé, elle avait l’impression de tourner dans un film. D’appartenir aux forces de l’ordre tandis que l’individu devant elle serait soupçonné d’un crime, d’un délit, d’un fait contre la loi. Et pour couronnée le tout, elle était chargée de le surveiller, d’enquêter sur lui. Complètement invraisemblable. L’adolescent que la jeune fille poursuivait comme une petite fille poursuivrait un oiseau se posa près d’un lac, comme pour respirer l’air frais qui l’environnait.
    Il était arrivé à sa destination, apparemment. La demoiselle resta plantée derrière lui un moment, pour méditer. Elle ne savait que faire. La seule solution qui se présentait était « descendre lui adresser la parole ». Lui demander quoi, dans quel but ? Tenter de le connaître. Alors avec cette raison qui ne tient pas du tout la route, elle s’approcha du phénomène, si je puis dire.

    « Regarde. L’eau du lac est bleue. T’as une idée pourquoi elle a choisi cette couleur ? »

    Elle désigna le lac avec son index, fixant cette eau d’une couleur si pure et claire. Pour elle, tout possède une vie. L’eau de ce lac est bleue, mais l’eau de la mer est verte. Ce qui signifie, suivant sa logique, que l’eau du lac a choisi le bleu, tandis que celle de la mer a choisi le vert. Détournant son regard, elle fixa l’individu en question. Ce n’était pas un vieux, mais on s’en doutait tous. Des yeux vairons. Un rouge, un bleu. Un qui représenterait le chaos total, l’autre la paix. Une cicatrice le long du visage qui lui donnait un air effrayant. Son visage semble aussi indifférent que le sien. Son regard pensif, profond, solitaire. Un véritable labyrinthe, si l’on se risque à plonger à l’intérieur.
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Kilik H. O'Qisihlva


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MessageSujet: Re: « Je chante la joie d'errer » [PV Kilik]   Mer 1 Sep - 12:45

souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
CHARLES BAUDELAIRE

« Tic tac, tic tac... » Un son se répétant en boucle infinie et qui rendrait fou n’importe quelle personne, celui du cycle du temps. Même en essayant de penser à autre chose, même en possédant une extrême concentration, Kilik ne pouvait relâcher son attention sur cet artefact portant la hantise de tout être sur Terre. Un simple réveil. Un banal objet, suivant les mouvements de nos astres quotidiens, annonçant chaque nouveau tournant du soleil levant. Sonnerie stridente, 8:00 AM et pourtant, journée libre pour tous. Malgré tout Kilik n’avait pas d’autre solution que de se réveiller à cette heure, se sentant plutôt mal de ne pas pouvoir dormir paisiblement et profiter d’une grasse matinée. Pour seul lot de consolation, la météo semblait jouer en sa faveur, ce qui n’était pas si mal que cela en fin de compte. Son ennemi de flammes jouant à cache-cache derrière son lit de velours grisâtre, il fallait bien avouer qu’il s’agissait du temps idéal pour sortir un peu de son trou. Du moins, pour quelques temps. Bien que les rideaux de sa chambre soient en permanence fermés, il pouvait discerner à travers la faible opacité de ceux-ci, la pâle lueur des rayons indéniablement bloqués par ses seuls alliés, allait-il pleuvoir ? Espérons-le, cela ne ferait que le réjouir davantage. Tournant la tête, son regard porté sur un bas plafond neutre dans sa teinte, il suffit d’un seul mouvement pour se remettre sur pied et descendre de son nuage, envahit de pensées de toutes sortes. Se dirigeant vers la salle de bains d’un pas vacillant entre les allées d’un bordel qui avait emplit la pièce la veille, seule une douche bien froide pouvait remédier à cette fatigue inopiné. Moment de réconfort.

Rideaux toujours clos, dans un silence des plus étouffants, un coup de brosse par-ci par là aura suffis à dompter sa crinière argenté encore humide. Rapidement, il se vêtit de son célèbre veston noir à capuche, symbole de son inaptitude physique à supporter le moindre rayon de soleil qui viendrait malencontreusement pointer le bout de son nez pendant sa longue balade au parc de la ville. Celle-ci venait souvent à agrémenté sa chemise d’un blanc pur. Kilik aime prendre soin de ses affaires, toujours le plus clean possible. Mais cessons de bavasser, il savait déjà où trouver sa tranquillité d’un jour. Le seul endroit propice pour une promenade, petite sieste au bord des eaux calmes du lac. Repos garantit. Tandis que le reste des élèves pensionnaires de cet établissement penseraient plutôt à s’amuser et faire du shopping en ville, les esprits perverti par l’ambiance de fête, il n’y aurait sans doute rien ni personne pour venir rompre son moment de quiétude. Faisant face à un miroir ne reflétant que l’ombre de sa personne, dans l’obscurité omniprésente de cette pièce étroite, il s’examinait de bas en haut. Fin prêt à faire le premier pas en dehors de cet internat… Fin prêt à respirer cet air épuré de liberté.

Dos aux bâtiments, les yeux levés au ciel et un léger sourire aux lèvres, il s’engagea vers la voie qui l’entraînait, passant au travers de cette limite démarquant le gigantesque portail du pensionnat. Que dire ? Il ne savait pas trop par où passer, pourvus qu’il ne s’égare pas en chemin tout simplement. Il marchait au gré du vent, ne prêtant pas attention aux bâtisses qui défilaient à ses côtés, de moins en moins présentes au dépit d’une végétation des plus verdoyantes et colorés. Une ambiance de tranquillité s’installait au fur et à mesure de son avancée, ne se rendant même pas compte du regard interrogateur et blasé que l’on portait sur lui. Il finit par arriver aux portes du parc naturel sans vraiment avoir pris la peine de retenir son parcours, pour un retour inévitable. Il prit le temps de ralentir, d’observer afin de trouver parmi les nombreux panneaux, celui indiquant le sentier du lac, mais c’est sans compter son sens de l’orientation inexistant dans des moments tels que celui-ci qu’il mit pieds en son bord par le plus pur et heureux des hasards… ? Peut-être. C’est sans trainer qu’il se posa sous l’arbre le plus proche afin d’admirer la vue à laquelle il faisait à présent face. Les eaux étaient éclairées par une lumière presque aveuglante, mais peut l’importe. Pensant être enfin seul, après quelques instants, son moment de sérénité fut finalement interrompu par le son d’une voix qui lui était étrangère, bien qu’elles le soient toutes pour un jeune homme tel que lui.
    « Regarde. L’eau du lac est bleue. T’as une idée pourquoi elle a choisi cette couleur ? »
Quel genre de personne pouvait se poser une telle question ? Il l’ignorait encore, bien qu’il n’aille pourtant pas tarder à le savoir. Il s’agissait néanmoins d’une femme, c’était plus que certain et tout bonnement logique. Il ne précipita pas sa réponse. C’est en ce genre de situation que Kilik se sent le plus apte à survivre, bien qu’il déteste ce genre de questions tout aussi inutiles que dénuées d’intérêts. Il aime pouvoir y répondre de telle manière que cela mettrait mal à l’aise son interlocuteur. Cela allait-il marcher une fois de plus pour cette personne qui se trouvait derrière son dos. Il ne s’était pas donné la peine de se retourner pour faire face à celle qui avait troublé son moment de solitude. Pas pour longtemps.
    « … Penses-tu pouvoir y répondre ? »
D’un mouvement lent de la tête, ses yeux vairons se fixèrent sur la demoiselle. Elle ne lui semblait pas plus âgée que sa personne, mais cela l’importait peu. Qu’allait-elle faire maintenant ? Fuir comme toute personne « raisonnable » ou s’aventurer à prolonger ce début de conversation peu ordinaire. Allez savoir… Bien qu’aucune émotion ne semble se dégager de son aura neutre, un léger sourire en coin ne pouvait s’empêcher de s’esquisser sur son fin visage, habituellement de marbre. Une ambiance pesante s’était installée, régnant en maître sur ces lieux.
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Meilyn O'Ceann


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MessageSujet: Re: « Je chante la joie d'errer » [PV Kilik]   Dim 5 Sep - 15:26

« Il est grand temps de rallumer les étoiles »
Apollinaire
    Le vent qui soufflait, la douce brise qui caressait son visage. Un silence qui s’installait, aussi pesant que léger. Paranoïaque, il se révèlerait lourd, comme le calme avant l’orage, l’œuf avant la poule. L’orage désignerait la réponse de l’individu. Mais la poule indiquerait le dénouement de cette tournure étrange, mais pourtant prévisible. Tout dépend de notre conception des choses. Au point de vue de Meilyn, l’atmosphère restait paisible. Elle n’attendait pas de véritable réponse de la part de l’individu, seulement un regard intrigué, ou une totale ignorance. L’ignorance est en elle-même une réaction, ne rien faire reste en lui-même une activité.

    « …Penses-tu pouvoir y répondre ? »

    Bien sûr que non. Evidemment que oui.
    Des questions totalement dénuées de sens. Dénuées de sens, simplement parce que la science n’a pas su expliquer ce phénomène. Elle dirait « non » si le jeune homme demandait une réponse réfléchie, scientifique, logique. Elle dirait « oui » si une interprétation pourrait satisfaire ses attentes. La science se base sur la logique, tandis que la littérature s’inscrit grâce à son imagination. Un léger sourire qui se dessina sur les lèvres du jeune homme, un regard qui se posa sur elle. Ce regard indifférent, profond, mystérieux, complexe. Des couleurs peu ordinaires, une cicatrice effrayante, des cheveux d’une beauté invraisemblable, où l’on y plongerait volontiers sa main pour les ébouriffer. Rien qu’à cette apparence, on peut en déduire une étendue infinie d’hypothèses concernant son caractère, sa manière d’être. Avec cette réponse, il était indéniable que cet individu reste en général plutôt réservé. Il ne pense pas de la même manière que la demoiselle, puisque l’envie d’y réfléchir ou de donner une quelconque théorie sur la couleur de cette eau n’a su réussir à l’atteindre. Soit, elle le ferait à sa place.

    « Tu n’y réponds pas, tu ne trouves aucun intérêt à y répondre. Pas vrai ? »

    Avant de poser une quelconque question, Meilyn a l’habitude d’y réfléchir avant. D’y songer, la nuit, dans son lit, lorsque toutes les lumières s’éteignent, ne laissant plus que la clarté de la lune éclairer cette obscurité apaisante. Lorsque tous les bruits cessent, permettant de faire le vide dans son esprit. Là, instinctivement, elle plonge dans son monde parallèle, comme si elle entrait dans un état second. C’est dans un tel environnement que la demoiselle trouve une réponse qui pourrait la satisfaire, comme un cheval gambadant dans la prairie à la recherche d’une herbe tendre et délicieuse.
    Bleu est une couleur, bleu couvre le ciel comme bleu inspire la quiétude. Le lac qui possède cette eau bleutée orne le sol, tandis que le ciel azur nous enveloppe totalement du reste de l’univers. Je dirais que le lac se veut refléter la quiétude du ciel. Même quand il est gris. Entre temps, la jeune fille avait détourné le regard, le sien lui paraissait insoutenable. Derrière ce visage adulte qu’elle possédait, cette indifférence qu’elle affichait devant cette apparence unique, le sérieux qu’elle accordait à cette conversation, son esprit se voit envahi par un dilemme. L’envie de s’assoir sur cette herbe verdoyante la rongeait. Sa passion d’arracher les brins d’herbes la saisissait peu à peu, et pourtant, Meilyn persistait à rester debout, pour une raison qui ne tenait pas la route : s’asseoir signifiait assumer sa petite taille par rapport à cet individu. Elle debout, lui assis, elle le dépassait, le besoin de lever la tête pour lui parler ne se révélait pas. Il lui suffisait d’incliner légèrement la tête vers le bas pour le percevoir, une occasion qui ne se présentait pas tous les jours. Alors, que faire : céder à son envie ou s’obstiner à garder cette posture ?

    « Mais si on leur accorde un semblant de réflexion, on peut en déceler un certain sens. »

    Cependant, ses petits problèmes ne devaient pas faire obstacle à ce qui se passait autour d’elle. Il fallait qu’elle restât dans le registre de cette conversation. Ainsi, elle poursuivit ses paroles dites un peu plus tôt. Comme une conclusion tirée de sa réflexion. Comme pour lui expliquer son fonctionnement. Sans vraiment s’en rendre compte, Meilyn expliquait à un total inconnu sa façon de penser, sa manière de réfléchir sur certaines choses injustifiables, l’univers de son monde.
    Doucement, la pseudo-philosophe s’accroupit, tendant lentement ses bras le plus loin qu’elle put, pour attraper d’une soif affreuse une poignée d’herbes. Elle tomba en l’espace d’une seconde dans un tout autre monde. D’une théorie complètement farfelue à cette manie saugrenue. Moment jouissif, une joie qui allait bientôt atteindre son apogée. Ses lèvres qui furent un instant crispées à cause de ce dilemme se relâchèrent lorsqu’elle entendit les brins d’herbes lâcher leur dernier souffle. Extase.
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