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Total eclipse of the heart. | Tom. | |
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Sujet: Total eclipse of the heart. | Tom. | Mar 21 Avr - 21:55 |
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♪ Un côté blanc, ♪ Toujours prête à aider les gens. ♪ Une jeune fille qui se plaît à sourire, ♪ Extravagante et souvent le fruit de merveilleux fous rires. ♪ Un côté noir, ♪ Qui fait qu'elle pleure tous les soirs. ♪ Un air hautain, un regard froid comme la glace, ♪ Haine, agressivité, méfiance et j'en passe.
Total eclipse of the heart. Un cercle de ciel, la nuit, entre les mur d'un dortoir indiscutablement trop rempli à son goût. Une jeune femme est là, immobile, couchée dans un lit. Elle ne bougeait pas d'un centimètre, si l'on passait outre le mouvement lent d'une respiration apaisée qui trahissait cette stagnation despotique et sans laquelle elle aurait pu passer pour défunte. Allongée sur un matelas, droite, les bras posés le long du corps tel un cadavre sur une table d'autopsie, les yeux grands ouverts et tournés vers la fenêtre, elle observait. À travers ce grand vasistas, les étoiles scintillaient et clignotaient comme si elles étaient en vie, accrochée sur le rideaux de velours sombre d'une nuit bien avancée. Préoccupée, était son état du moment. Intellect profond et d’une façon totalement réfractaire, voir contestataire à ce qui l'entoure. Autocritiques et psychanalyses sous-jacentes d'une mentalité qui pourrait facilement passer pour aberrante et anormale. L'amenant sans cesse dans des apophtegmes illusionnantes qu'elle seule pouvait discerner. Morphée ne voulait pas d'elle en cette sombre nuit. Le vent soufflait une longue et sinistre complainte lugubre aux oreilles du Monde. Quelques nuages frileux cachaient l'astre lunaire, dont les rayons transperçaient à peine les feuilles des quelques arbres rachitiques qui ornaient la façade de l'établissement.
Et elle s'emmerdait. Le temps semblait passer si lentement, que les secondes devenaient des minutes, les minutes se muaient en heures et les heures se fondaient en éternité. Et lorsque l'ennui nous submerge, l'envie de le rompre devient dictatorial. Mais voilà, faut-il encore avoir la non-flemme d'abolir cette morosité encombrante. Hors, la fainéantise de l'inconnue était trop présente. En ce milieu de nuit, le dynamisme l'avait quittée, la laissant dans sa paresse tout aussi flegmatique que graduelle. Alors, rassemblant le peu de stoïcisme qui lui restait encore, elle eut un mouvement. Rompant cette inertie quasi totale, cette personne se leva. D'une secousse brusque, peut-être trop brutale, puisqu'elle dû se rattraper à un meuble pour ne pas tomber. Un pas lent, presque inexistant. Inaudible, car apathique. Jusqu'à ne plus être qu'une ombre qui fuit lymphatiquement. Un élan, aussi las et épointé soit-il. Sédition fluctuante qui ne trahissait que son envie d'alcool et de liberté. Avidité recherchée d'une sensation de brulure lorsque la boisson glissait le long de son œsophage, alors qu'elle s'en allait en des lieux où elle se sentait libre. Déchaînant alors les flammes des douces aberrations qui se consumaient en elle. Liqueur spirituelle dont elle ne pouvait se passer, gnôle même qui dénaturait son besoin quasi viscéral de se souler la gueule pour oublier, penser à autre chose. Et ce en un emplacement empli d'autonomie. Seule, dont l'affranchissement qu'elle s'offrait l'emplissait d'un gracieux et agréable instant.
Et elle sortit, non sans oublier d'enfiler un training et un tee-shirt. Pas envie de passer par la case salle de bain, puisqu'elle y aurait droit au matin venu. Fallait pas réveiller les autres. Non pas qu'elle fut submergée d'une quelconque commisération à leur égard. Elle ne voulait tout simplement pas les entendre, pas leur parler, pas avoir à rendre des comptes à qui que ce soit. Dépourvue d'une quelconque émotion, elle avançait pataudement. Arpentant les couloirs d'une démarche tout aussi impassible que détachée, elle avançait. Latente et aphone. Hautaine vis-à-vis de tout, elle arriva enfin devant la porte qu'elle ouvrit rapidement avant de se faufiler à l'extérieur. Le souffle vint claquer son visage, lui apportant un peu de vie en ces lieux désertiques. Banal et insignifiant, voilà ce que semblait l'endroit. Youpi, un lieu désertique et inhabité pour elle toute seule. De quoi faire rêver le plus arriéré des hommes. Ce pensionnat anachronique était vraiment pourri. Aussi bien par ses bâtiments que par les élèves qui y étudiaient. Et Honora soupira à s'en fendre l'âme. Elle qui s'était levée pour écrouler l'ennui qui s'imposait, allait probablement s'emmerder encore plus qu'auparavant. Les pattes toujours plongées dans ses poches, elle avança. La jeune femme ne savait où aller, mais elle s'en foutait. Ses jambes la mèneraient là où elles le voulaient. Au hasard, elle enjamba plusieurs chemins fait de terre sombre qui, même dans la nuit, contrastaient fortement avec ses Converses blanches. Baignant dans ses pensées tout aussi frugales que puritaine, elle finit par arriver devant un muret. Blanc, grand, tout ce qu'il fallait pour s'y poser tout en ayant une vue dégagée sur ce qui l'entourait. Posant son dos sur le mur et croisant les bras d'un air peu coopératif, Honora se mit à scruter. Petit à petit, ses yeux s'accoutumèrent à la noirceur nocturne. Petit à petit, elle commença à mieux distinguer les détails. Et au fur et à mesure qu'elle patientait, son ouïe s'améliorait, devenant alors assez fine pour déceler le son lointain de quelques pas étouffés. Quelqu'un approchait, elle en était certaine. Alors, se redressant, elle scruta l'horizon, se demandant d'où cette personne allait bien pouvoir arriver.
Dernière édition par Katara H. Yumih le Mar 11 Aoû - 16:38, édité 3 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Ven 24 Avr - 10:42 |
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Long silence cadavéreux, enivrant l'espace vital dans lequel se trouvait Tom. En apparence tout au moins, il n'y avait pas un bruit pour rompre le tranquillité de cette sombre nuit déjà trop largement entamée. Et pourtant, au fond du jeune homme, au creux de son cœur et dans les moindres parcelles de son corps trop grand et trop fatigué pour lui, des sons lointain le tiraillaient et se ravivaient, comme des vieux échos de souvenirs lugubres qui se réveillent sourdement et péniblement après un trop long coma artificiellement provoqué par les drogues, l'alcool, la fatigue, l'enfermement et l'ennui. Des souvenirs qu'il croyait effacé de sa mémoire, des peurs et des dégoûts enfouies et son autre lui-même, cet homme qui partageait sa conscience et se l'accaparait chaque jours un peu plus... Tout surgissait en lui comme un bouillonnement intérieur qui à mijoté trop longtemps dans l'ombre, et qui éclos trop vivement, comme pour rattraper son retard et réclamer de l'attention. Comme si toutes ses émotions qu'il avait voulus oublier voulaient s'opposer à Tom, l'affronter et le maudire, pour lui rappeler qu'un volcan n'est jamais qu'endormis.
Lente goute de sueur perlant de son front osseux et glissant péniblement le long de son visage endoloris d'exister. Tom ouvrit brusquement les yeux et pris conscience du mal qui le rongeait. Compréhension de cette dur réalité, attaqué par l'assaut de cette violente lucidité, il eu un soupire lent. Trop lent, comme le dernier souffle d'un homme blésé au combat, comme le dernier soubresaut d'un animal pris dans un filet. Il restât lasse, étendu comme une statue de pierre brisée par le temps et effritée par les duels, son regard étrangement troublé et brillant rivé sur le plafond qui constituait la structure d'une salle de classe vide. Le sommeil ne voulait pas d'une âme aussi tourmenté que celle de Tom. Il ne voulait pas lui accorder cette délivrance que de ne pas réaliser ce qu'il était. Il ne voulait pas soulager ce garçon qui ne méritait autre que la souffrance d'être lucide et vivant. Il était condamné à être ce qu'il était, et il avait beau se noyer dans les alcools et s'évader dans des mondes fumeux et cotonneux, la nuit ne cesserait jamais de le tourmenter. Le temps lui même n'abandonner pas sa quête et traquerait les moindres instants ou il n'était pas sous l'emprise d'un quelconque toxique ou de son autre lui-même. Il attendrait l'heure ou il serait face au monde, au triste monde qui l'entourait.
Tom se levât péniblement, par automatisme, ne pouvant supporter plus longtemps cette affrontement avec sa conscience. Il avait assez attendu, ça ne servait plus à rien d'insister, ce n'était surement pas ce soir qu'il pourrait respirer et être en paix. Tout ce dont il avait envie était de s'oublier lui-même, d'oublier le monde et d'oublier la vie. Non pas qu'il avait envie de mourir. Mais plutôt un refus de continuer à vivre ainsi. Il n'y avait jusqu'alors qu'un seul remède à ce problème, et il l'avait dans son sac à dos. A boire. Dans ces moments de trop grandes netteté, seule tabasser quelqu'un, aller se dépenser en se baladant ou se mettre la race pouvait le détendre. Il lui fallait se faire violence, prouver à cette réalité qu'il se fichait d'elle, qu'il n'avait pas peur et qu'il l'emmerdait. Il donnât un violent coup de pied dans une des tables sur lesquels il s'était étendu, par pulsions, par rage et par habitude, ne provoquant que son fracas, un bruit sourd et un léger mal de pieds atténué par le bout de ses docks coquées. Crazy n'allait pas tarder à se réveiller à son tour, suppriment toute conscience du jeune homme mais le rongeant et l' harcelant sourdement. Il l'aurait à l'usure.
Au fond de son vieux sac trop costumisé pour en distinguer la couleur, se confrontait deux-trois bouteilles d'alcool fort, quelques paquets de cigarettes encore neuf, une barrette de shit, quelques feu au cas ou sont zipo faisait des siennes, un kéfié noir et jaune, son canif, ses mitaines en cuirs et autres bric- à brac innommables. Un sac de gonzesses, du à son habitude de faire les provisions pour la semaine. Tom n'aimait pas se rendre dans son dortoir, c'était un endroit qu'il avait en horreur, il ne supportait pas qu'il y ai des rangées de lit, comme dans les hôpitaux, qu'il y ai une pièce exprès pour dormir, comme une morgue ou les corps seraient entreposés, il n'aimait pas cette idée d'enfermement et surtout de cohabitation. Il ne voulait pas se plier à ça, se soumettre aux heures et au lieux. Il n'aimait pas les lits, les dortoirs, et les personnes qui y accédaient. Total dégoût des autres et du règlement un don de ce cher Crazy.
Sortir. Bourrasque d'un vent encore trop frai pour pouvoir se venter d'être celui du printemps. Un calme trop serein pour être déteste, une faible lueur d'une lune trop timide pour oser s'affronter au nuages fins qui la masques négligemment. Une cour enfin déserte ou raisonne encore les faibles échos de cris et de rire outrageux poussés par les loutres d'élèves qui y ont passé la journée. Les imposant murs qui forme l'édifice de cette prison mensongère qui se veut accueillante. Fin et noueux filament de fumée s'échappant dans les airs silencieux. Cigarette de nuit savouré par un être tourmenté à la recherche d'autre chose. L'envie cachée d'être surpris, de rompre la lassitude et la monotonie de ses habituelles escapades nocturnes. Grandes enjambées saccadées et automatiques des pas qui n'en font qu'à leurs tête. Indifférence de destination particulière, pulsion sauvage de marcher sans savoir ou. Semblant d'aventure, fade goût l'improviste et fausse sensation de liberté. Tom déambule le long de l'internat comme un somnambule qui ne veut pas se réveiller.
Pupille qui se dilate brusquement pour faire fasse à l'assaut de lumière de ce trop blanc muret, trop haut muret, qui est comme un rayon de soleil à travers une eau profonde. Comme un signe, un barrage, quelque chose qui pousse à la contemplation, à l'arrêt et à la curiosité. Mouvement réflexe de lever la tête de haut en bas pour en concevoir la hauteur. Accrocs fictif d'une silhouette contre le mur, seule et immobile, comme un chat noir sur le toit d'une maison ou un corbeau planant dans les brumes. Courbe hautaine et silencieuse, imposante et féminine. Un peu trop féminine. Tom balançât son mégot par terre et fixât la jeune fille qui lui faisait face. Bizarrement, il n'était pas si déçu de ne pas se retrouver seul. Il était même satisfait qu'il y ai une confrontation, un obstacle à son envie de se bourrer en paix, que ses nuits ne soient pas toujours les mêmes, que quelque chose d'inhabituel se produise, que tout ne soit pas comme ses plans étaient prévus. Que la vie le surprenne un peu. Immobile, il contemplât la silhouette féminine avec un œil nouveau. Crazy n'était pas encore apparut. Il lui fallait un petit temps pour qu'il se réveil, il avait besoin d'un petit déclencheur. C'était rare quand Tom se retrouvait face à la race qu'il détestait tant. C'était plutôt le boulot de son autre tout ça. Il se sentais démuni sans lui, incapable de réagir par lui même, trop habitué à avoir ses gestes et ses paroles dictées par l'autre. Réflexe répétitifs d'agression et de mauvaise parole. Défense, animosité et plaisir d'être choquant et violent. Les mots franchirent sa bouche avant même qu'il n'ai eu le temps d'y réfléchir:
« T'as vu ça mon gars? V'la une insomniaque. »
Sur ce, il attrapât son paquet de cigarettes au fond de son vieux jeans délavé, troué et trop large pour lui et en mis une au bout de ses lèvres fines et avides de nicotine. Tom n'avait nullement envie d'être agressif ce soir, et il préférait se pendre que de se montrer gentil et convivial. Il était perdu sans Crazy. Tout serait plus simple s'il s'était montré maintenant. Il aurait surement eu une jolie entrée en matière, et une approche fatidique du genre « qu'est ce qu'une pétasse fou sur mon chemin. » Et si justement, avant de se lancer dans l'arène, il réfléchissait pour une fois. Si il profitait se sa lucidité pour voir ce que ça faisait d'essayer de ne pas être sous l'emprise de son double? De son éternelle voix cassante et distante, il s'adressât à elle, le paquet à la main:
« Elle veut une clope avant d'partir la gonzesse? »
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Baise les gens. Une manière très personnelle d’affirmer ma croyance profonde en la misanthropie. 
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Sam 25 Avr - 10:59 |
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Le vent se leva doucement. Mistral couleur d'argent sous une Lune aux reflets bleutés. Rafale sournoise et rapide. Envolée naturelle glacée et clamsante, dont l'impassible fraicheur vint claquer sur sa peau. Honora sentit les vibrations de celle-ci s'en aller en un long frisson, scarifiant son épiderme avec minutie. Cependant, ce simple spasme ne suffit pas à la faire bouger. Engluée dans une stagnation absolue et idyllique, ses aphorismes en devenaient sa seule domination. Pas un mouvement, pas une oscillation, rien. L'absence vide et totale de vie qui régnait en elle se voyait dans son regard, dont l'impassibilité était étrangement devenue effrayante. Envoûtée et amarré dans un ennui profondément incurable et invétéré, elle soupirait. L'emmerdement et la lassitude jouaient avec elle, la chevauchant, essayant de la noyer dans un abattement croissant pour qu'elle se morfonde dans sa solitude bien heureuse. Beaucoup de personnes n'auraient vu là qu'une neurasthénie absolue, mélancolie abyssale qui emplissait son âme de diverses pensées tout aussi barbares et perverses que dépravées et malsaines. Mais non, Honora ne fonctionnait pas comme ça. Contrariée, voilà l'adjectif qui la qualifiait de juste façon. Entravée car irritée et agacée. Horripilée de la vie qu'elle menait ici. L'amenant dans des pensées douteuses et rudement impartiales. Dégoût et amertume, répulsion et antipathie d'une existence qu'elle homologuait de débris et de saletés. Souillures viscérales qui trahissaient son âme, l'amenant tout droit dans des chimères et illusions déplorablement désastreuses.
Elle se dégoutait elle-même d'en arriver là. L'état de ses pensées était calamiteux, c'était navrant, c'était répréhensible. Piètres et dérisoires concepts d'un intellect pourtant plus élevé que la moyenne. Une intelligence qu'elle discréditait et qu'elle rabaissait, puisqu'elle ne s'en servait point. Jugements et opinions de sois, qui l'amenaient dans des conclusions peu joviales. Abstraction et discernement d'un esprit trop sanguinaire pour pouvoir être analysé comme correct. Profondeur et perspicacité d'une observation sous-jacente de soi-même. Soupir paradoxal, laissant filer un fin cirrus virginal d'entre ses lèvres. Décidément, le printemps avait beau annoncer son arrivée, il ne semblait pas se presser le cul pour approcher. Saison, renouveau, analogie des beautés et de la Nature. Choses futiles et frivoles pour Honora. Comment vaincre l'ennui, alors que tout ce qui nous entourait n'avait aucune valeur à nos yeux ? Fallait-il espérer qu'une chose se révèle authentique pour que cette morosité soit incontestablement abattue ? C'est avec pragmatique que son audition se montra améliorée. Sa vision aussi devenait nette et fortifiée. Les autres sens ne servant à rien, ces quelques futilités se réveillèrent de leur engourdissement graduel. Et fort heureusement, car, grâce à cela, elle put discerner et percevoir les quelques et légers sons de petits pas oppressés sur l'asphalte abimée. Presque imperceptibles, ce brouhaha presque agile et aérien aidèrent son esprit à sortir de ce lymphatisme apathique qui ankylosait et paralysait son âme et sa pseudo spiritualité, aussi basse et peu commune soit-elle.
Que ressentait Honora, en ce moment ? Cette traître et perfide sensation de repos et de calme absolu. Ataraxie complète d'une sérénité tranquillisée. Placidité admirablement bien trouvée, alors que seulement quelques instant naguère, elle se torturait l'esprit pour de si petites choses. De l'incertitude d'être observée mêlée à la conviction de ne plus être seule. Et pourtant, elle s'en fichait. Qu'on l'épie, qu'on l'observe ne changeait rien à son humeur. Accablant, celle-ci en devenait impressionnante. Inquiétant, certes, mais pas intimidante pour tout le monde, ce qui en était fort dommage. La nuisance des grabuges de ces enjambées aussi abrégées que suffoquée lui parvenait maintenant avec considérablement plus de clarté. La justesse des sons atteignait ses tympans d'une limpidité et d'une précision remarquable. Maintenant, il n'y avait plus aucune perplexité. La personne arrivait d'en face, le scepticisme d'Honora s'était envolé, faisant place à une audace magistralement émérite. Les bras toujours entrecroisés et posés sur son thorax, elle épiait. N'aimant pas se faire prendre par surprise, elle s'apprêtait à toute éventualité. Car la possibilité de tomber sur quelqu'un qu'elle n'aimait guère était fort subsistante, étant donné que la jeune femme n'aimait en général personne.
Et il approcha enfin, silencieux d'une foulée fluctuante. Quasi aphone, il avançait en se mouvant discrètement, comme calfeutré dans des orifices personnels que lui seul pouvait discerner. Une personne mystérieuse, qui valait peut-être la peine qu'elle s'y arrête quelques secondes pour déchiffrer, décrypter ce qu'il était réellement. Qui a dit que rien n'était impossible ? "T'as vu ça mon gars ? V'la une insomniaque." ; Mmmh. Elle détourna l'œillade qu'elle avait apposée sur l'inconnu pour scruter les environs, essayant de voir si une tiers personne se trouvait avec eux. Personne. Il parlait seul, le demeuré ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Peut-être avait-il entendu parler d'elle et de sa "double facette" et peut-être faisait-il exprès pour se moquer. Possible. Probable. Rien à foutre. Elle eut un soupir, seule et unique réaction qu'elle réussissait à avoir, tandis que son visage restait inflexible, aucun sentiment ne venait dénaturer son faciès. Il restait imperturbable, dénudé qu'une quelconque émotion. Désespérant, était le mot exact qui lui venait à l'esprit en cet instant pour décrire l'inconnu qui se tenait face à elle. Il était pitoyable à regarder. Lamentable à écouter. Pathétique, d'autant plus qu'il causait à du vent. Rencontre affligeante, près d'un pensionnat minable lors d'une nuit des plus déplorables. Extraordinaire, c'était fabuleusement... Miteux. Car oui, voilà ce qui troublait son esprit de jeune femme tourmentée. A croire que la nuit, le niveau de neurones descendait en flèche chez les gens. Elle les trouvait encore plus débiles que d'habitude.
Le détaillant rapidement du regard, elle arqua un sourcil quant à son observation. Une allure dépravée pour une mentalité qui en serait probablement, assurément rattachée. Filiforme, il en devenait déroutant. Loufoque, assurément. Passionnant, certainement pas. Le monde s'arrête-t-il vraiment à cet avilissement lorsque la vie devenait un fardeau et que la mort n'en serait que délivrance ? Les mystères de la vie, aussi pourrie et dégueulasse soit-elle. Agonie latente et taciturne, décadence léthargique d'une subsistance que l'on se forçait à faire avancer, alors que le désir de subsister nous avait abandonné depuis fort bien longtemps. Charogne et corruption. Moisissure et ordure d'une destinée en putréfaction. Altération et décomposition de sois. Dégradation et dépravation de son propre avenir. Fatalité. "Elle veut une clope avant d'partir la gonzesse ?" ; A croire qu'il dormait encore éveillé. Eh oh, t'es somnambule ou quoi ? Il pensait vraiment qu'elle allait... Dégager ? Ouah, il était encore plus attardé qu'elle ne le pensait. Sa dégénérescence devait être à un stade des plus avancés. Son arriération mentale devait être maintenant passée à une phase incurable. Devait-elle répondre, même si l'idée de gaspiller sa salive pour cet inconnu lui en donnait un arrière goût nauséeux en bouche ? Certainement. Absolument. Assurément.
- T'as vu ça, ma Salope ? Nous avons là un demeuré qui se raccroche au pathétique espoir de nous voir dégager. Elle venait de s'adresser à Katara sans même faire attention sur la portée que pourrait avoir l'effet de ses paroles. Il ne fallait jamais se payer le luxe de se fier aux apparences. Elle pouvait paraitre gentille, certes. Elle pouvait paraitre fragile, oui. Elle pouvait paraitre conne, peut-être. Mais comme ces cons le disaient souvent, il ne faut jamais se fier aux allures et aux aspects. Faux-semblant, simulacre, hypocrisie, simulation, trompe-l'œil... Tous ses mots n'avaient pas été inventés pour faire coquet. Et le temps de cette fausse conversation ; simulacre. De ces regards qui n'en étaient pas ; façade. De ces mots qui paraissaient banals mais qui ne servaient qu'à déstabiliser ; hypocrisie. De ces apparences qui pouvaient être trompeuses ; Faux-semblant. De ces allures dépravées qui ne reflétaient de l'état d'un esprit ; trompe-l'œil... Honora n'avait pas bougé, même pas cillé. Son corps était resté raide, figé et hiératique. Impassible et inerte de cette position stationnaire, elle ne comptait assurément pas bouger.
Dernière édition par Katara H. Yumih le Mar 4 Aoû - 0:30, édité 1 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Dim 26 Avr - 12:00 |
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Lente aspiration de la nicotine s’infiltrant comme un poison dans les poumons du jeune homme, fumée volatile, si légère et banalement inintéressante à regarder pour qu’on la soupçonne d’être aussi empreinte de noirceur destructrice. Odeur piquante et malsaine s’imprégnant irrémédiablement sur lui pour surcharger un peu plus son apparence de dégradation déjà bien trop avancée. Corps qui s’esquinte à la dérive d’un courant trop violemment placide. Tout ce que faisait Tom n’était que l’antithèse de la vie, il était animé par des pulsions d’autodestructions et le temps qui courait sur son visage et dans ce qui lui servait de cœur ne faisait qu’accentuer cette empêtrement de sordide, d’inutilité, d’ennuie et de nul part. Ame trop tourmentée pour pouvoir renoncer à cette existence de dépravation, et trop écœurée pour vouloir y remédier. L’engrenage de cette triste déchéance était lancé et faire marche arrière tout simplement inenvisageable. Sa destinée était celle-ci, être un déchet du monde, faire partie de la merde qui pullulait et empestait la Terre et souffrir lascivement de cette longue existence déplorable empreinte d’agressivité et d’indifférence. Tom n’avait pas besoin de faire semblant, de mentir aux Autres et à lui même. Il s’était fait à l’idée qu’il fallait bien qu’il y ai des malades mentaux pour permettre aux Autres de se sentir normaux. Triste résultat que d’accepter son rôle sans chercher à le modifier. Il ne jouait plus. D’ailleurs, il n’avait jamais eu le soulagement et la capacité pathétique qu’avaient les Autres à faire semblant. Semblant d’aller bien, d’être méchant, insensible, déconneur, heureux, poli, comblé, distant…vivant. La vie n’était pas un jeu de stratégie, ni de faux-semblant à ses yeux trop désenchantés. C’était malheureusement bien moins réjouissant que ça. Les gens étaient tous les mêmes. Tous des connards qui se pensaient supérieurs et différents en jouant tous la même comédie pathétique pour se donner l’apparence qu’ils avaient tous envie de donner. Tous des moutons qui ne se rendaient justement pas compte de l’esclavage de cette vie de chien qui les réduisaient à ne faire attention qu’à leurs images ou à la recherche du « bonheur ». Des pions qui ignoraient naïvement qu’ils étaient semblables et tous dépendants à cette loi de vouloir jouer la comédie pour oublier à quelle point le monde était une supercherie exécrable. Et la tortueuse souffrance impalpable mais bien présente qui bouffait Tom de l’intérieur était justement celle-ci : il avait démasqué cette comédie et se refusait à y participer. Apparence, faux-semblant, image, aspect, extérieur, impression, allure…tant de préoccupations futile et écoutante palpitant dans les esprits de tous ces gens dénués de caractères et de personnalité. Une vitre insoupçonnable entre lui et les règles qui édifient cette société de crasseux pourrissants à l’intérieur et brillants à l’extérieur. Il ne savait pas faire semblant. Condamné à être lui-même en ayant les yeux bien trop grand ouvert sur l’horreur qui l’entourait et le constituait. C’était peu être ce catastrophique contraste de l’autre parallèle virtuelle et sadique que lui imposait Crazy lorsque celui-ci s’emparait de toute sa conscience masochiste et trop lucide.
Long regard empreint de lassitude et d’ennui rivé sur la tuyauterie de chaire protégée par une carapace de froideur féminine. Tom observait la jeune fille qui lui faisait face avec autant d’attention que sil s’était intéressé au lent mouvement d’un nuage se mouvant péniblement dans un ciel trop vaste pour lui. Indifférence. Une sensation que ne l’envahissait que trop souvent et avait ce don de le rendre amorphe et désintéressé du monde des humains. Besoin de renouveau, envie d’être surpris, de rencontrer quelqu’un qui tout comme lui ne sache pas jouer la comédie, ou alors au contraire qui sache s’y faire tellement magnifiquement bien que cette personne en oublie vraiment qui elle est tout au fond d’elle-même, en dessous de son rôle si bien appris et sois absorbé par le personnage qu’il voulait donner l’impression d’être. Ses confrontations avec les Autres étaient toutes les mêmes. Etres humains entre être humains, quelle engouement passionnant n’est ce pas ? Ennuyant et sans but face à face d’êtres noyés dans le faux. Quel intérêt ? Provocations, mauvaises paroles, aversion, haine et lassitude. Rien. Il ne se passait que du vide. Tout était creux. Le vieux théâtre du monde ne passait que les mêmes pièces depuis des siècles. Tom en connaissait les répliques par cœur et la brève finalité n’était plus surprenante mais pathétiquement trop peu extravagante pour mériter qu’on ne s’y attarde trop longtemps. Alors à quoi bon ? Pourquoi avait-il à nouveau cédé à cet élan que d’accrocher une personne de plus ce soir là ? Rompre la monotonie, parler à autre chose qu’à son lui-même intérieur, son connard de double, passer le temps, espérer que cette fille se trompe dans les paroles et brise la glace de cette banquise vide d’excitation et d’extraordinaire qu’étais la vie. Allez savoir, toujours est-il qu’il lui adressât la parole, à sa façon, sans réfléchir à que dire, puisque de toute manière, le conflit allait finir par s’installer, comme la vieille bonne routine s’adorait à engranger cet automatisme. Le problème venait surement de lui, mais là n’était pas sa préoccupation ce soir, il avait cessé depuis bien trop longtemps d’envisager l’idée de se remettre en question. Il était une ordure qui s’était échappé du berceau de déchèterie qu’était l’ovule de sa mère pour arriver dans l’enfer du purgatoire. D’un geste brusque et machinale il jetât son mégot consumé jusqu’au filtre devant lui. Celui-ci allât s’écraser sur le sol près de la silhouette de la jeune fille en provoquant un dédalle de scintillement orangés qui contrastait violement avec le noir de cette nuit trop sombre. Tom expirât lentement la dernière contrariante et récalcitrante fumée qui avait refusée de rester tapissée au fond de ses poumons invivables avant de posé un regard fatigué sur le ciel noirâtre qui lui rappelait ses alvéoles pulmonaires. Pas d’étoile. Même le ciel avait une carapace. La pollution.
Et le pâle silence de la nuit fut rompue par la voix jeune, féminine et défensive de l’être qui lui faisait face. « T’as vu ça, ma Salope ? Nous avons là un demeuré qui se raccroche au pathétique espoir de nous voir dégager. » Ahh… Action-réaction. Jusque la rien d’anormal. Rien de changeant. Agressivité, vulgarité, auto-défense légitime, exploitation de réplique cuisante, surement fraichement répétée et recherchée pour être recrachée avec autant de sincérité. Belle représentation. La scène pouvait débuter. Seulement, il y avait un point que Tom n’avait pas perçut tout de suite mais qui poussât le fort intérieur de Crazy à prêter attention aux « charmantes » paroles de la demoiselle de scène. Elle s’était trompée dans les paroles. « Nous ». Elle avait dit nous. Habilitée malsaine et vicieuse à vouloir se foutre de sa gueule? Capacité inexplicable à l’avoir démasqué ? Ou juste une envie de jouer, de choquer et de provoquer ? Intriguant. Surprenante confrontation que de se retrouver face à une personne dégageant aussi de froideur et d’intelligence, que de détachement et de complexité. Rare expérience en la matière que de croiser la route d’une personne qui ne cherchait pas à faire ses preuves. Qui ne cherchait rien de particulier d’ailleurs. Qui avait cette habilitée à monter sur ses grands chevaux tout en faisant transpirer cette lourde impression de je-m’en-foutisme et d’indifférence. Tom fut forcé de la détailler avec plus d’attention ce qui pouvait se cacher derrière son costume de représentation que ce qu’il avait d’abord fait en arrivant. Au premier coup d’œil, elle lui avait parut être tout simplement une gonzesse. Une connasse de gonzesse, rien de plus qu’une fille. En y regardant de plus près elle lui inspirait plus cette impression de lamentation tourmentée et de duel intérieur. Bref, une connasse de gonzesse différente des Autres.
-« Alors nous devons entendre par là que ces demoiselles ne veulent pas de cigarettes. Bien. »
Immobile, fière, imposante, elle n’avait pas l’air de vouloir coopérer à la calme invitation sournoise que Tom avait formulé quelques minutes plus tôt pour qu’elle tire son cul de là. Il avait donc décidé d’entrer dans la malice froideur d’indifférence de la jeune fille. Patience et longueur de temps ne font plus que force ni que rage. Crazy n’était pas encore là. Il pouvait donc prendre son temps, inutile de précipiter les choses. Plus sa mijote et meilleur c’est, il en avait fait l’expérience ce jour même. Quelle agréable sensation que de ne pas s’énerver illico-presto mais de sentir l’excitation monter avec chaleur et empressement contenu. Dou arôme d’une nouveauté intrigante. Il eu un petit rire froid en entendant la voix de Crazy raisonner en lui et se répercuter dans les moindres parcelles de son corps et de ses nerfs à l’écoute. « Qu’est ce que t’attend pour lui foutre un coup de Docks dans les dents Thomas putain. Petit emmerdeur, magne-toi, fait lui voir à cette connasse. » Ah… Voilà que ce connard s’y mettait, pas trop tôt. Esquissant un agréable sourire de défis à l’égard de son gêneur, il posât lentement son sac à dos sur le sol et s’assit posément sur le sol qui parcourait ses pieds, juste à l’endroit ou il se trouvait. Comme s’il avait était en charmante compagnie et qu’il s’apprêtait à boire son thé en discutant du vide sidérale de ce monde en s’imaginant être un grand penseur. Douce atmosphère qu’était cette sensation de résister à Crazy, de se montrer agressif et gênant sans ouvrir la bouche, de ne pas entrer dans le moule habituelle des répliques assaillantes à deux balles qui étaient le quotidien de tous ceux qui se sentaient agressés. Il aurait très bien put, en effet, user de sa complice aptitude à se montrer tranchant à l’aide d’une quelle conque réplique du genre : « Pathétique de voir l’aptitude des salopes à faire la différence entre une demande et un ordre sous entendu. » Non, c’était trop facile. Trop peu attrayant, du déjà vu, du pur manque d’inspiration et aucun effort de changement. Dans le faux, dans le vrai, dans le brut de l’abstrait, dans les trop vieux combats, dans les jeux de l’étreinte, dans les mots les complaintes, dans la contestations, les fausse rebellions, dans la beauté du mal, dans la beauté du sale, au milieu de la pièce, théâtre de l’absurde quelle était la voix qu’empruntait Tom ce soir là ? Quand plongé dans le gouffre ont ne sais plus ou est l’âme.
Silencieux face à face qui va, qui viens, profond moment empreint de satisfaction que d’affronter immobile et muet le conflit provoqué pour rompre la sourde plateure du noir. Dans le cri du silence, Tom respire enfin, lent mouvement d’avant en arrière d’une cage thoracique qui recherche désespérément un semblant d’évasion, de frai de quelque chose qui n’est pas le précipice de la vie. Sagesse rage que de contempler ce visage féminin face à lui qui représentait tant d’espoir de changements et d’attrayant, et tant de déjà vu que de faux espoirs. Excitation que d’ignorer la destination de cet affrontement. Pas un bruit or mis celui du calme, seul témoin de la scène étant l’astre lunaire au dessus de leurs têtes, perdu dans la constellation. En travers la douleur et la mélancolie, dans le vide du soir, toute petites choses qu’étaient cette réunions de deux êtres minuscule, bouts d’écumes perdus dans le naufrage d’un monde trop petit pour rivaliser avec l’univers. Inutilité de ces vies futiles qui cherchent un but à tâtons dans l’obscurité de leurs existences.
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Baise les gens. Une manière très personnelle d’affirmer ma croyance profonde en la misanthropie. 
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Lun 27 Avr - 0:45 |
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Bourrasque ballonnée qui apportait un peu de dynamisme en ces lieux anesthésiés. Chaste tourmente éthérée, inintelligible car impénétrable. Opaque dans son insaisissabilité amplifiante. Croissance de la vie, accalmie de l'amertume et rémission d'une aversion réminiscente. Cette seule vitalité ambiguë ondoyant autour d'eux. Attisant alors l'ineffaçable inactivité dominant les alentours. Stagnation absolue mais pas périssable. Souffle de créativité, zéphyr existentiel d'une persistance normalement positive. Habituellement, lorsqu'on avait affaire à des gens normaux. La patience d'Honora était grande, oui. Persévérance d'un esprit qui se fichait bien de ce qui pouvait l'encercler. Ample persistance d'un sang-froid inégalable. Désintéressement de soi, détachement des autres et incompréhension de la vie. Lassitude, éreintement des pensées, fatigue du corps et sécheresse de l'essence qu'était son âme. Et pourtant, un soupir. Interminable souffle lent qui se dégageait de sa poitrine. Un long brouillard gris et insidieux se dégagea d'entre ses lèvres. Nuée blanchâtre perfide qui ne faisait que révéler cet empoisonnement profond qui la tourmentait. Supplices incontrôlables d'une envie de bouger qui combattait le désir de rester immuable. L'envie de se dégourdir les pattes qui s'opposait à l'avidité qu'elle avait de rester ici pour emmerder l'inconnu. Pour le découvrir, décoder se qui se passait dans sa tête, décrypter ses secrets les plus profonds et enfouis. Élucider les énigmes qui envahissaient ce jeune homme. Ou ces jeunes hommes, devrait être plus exact. Rencontre assommante, fastidieuse approche non voulue. Car oui, son besoin d'isolement était impérieux. L'éloignement qu'elle s'imposait vis à vis des autres ne se faisait pas sans arrière pensée. Elle en avait besoin, tout simplement. Elle savait qu'elle ne pourrait vivre paisiblement auprès des autres. Car son besoin de solitude et de liberté coulait dans ses veines. Ses artères regorgeaient de cette autonomie viscérale, l'amenant souvent dans des lieux désertés où sa seule âme se mouvait sans un bruit. Solitude bien heureuse qui ramenait un peu de vie dans son cœur tari et suturé par des années de sadisme et d'insouciance. Empreinte d'une longue vie qu'elle ne voulait pas voir avancer, mais dont la disparition donnerait trop de plaisir aux autres. Attente relâchée qu'elle arrivait à assimiler en contradiction avec de son existence, la même transcendance d'un moment qu'elle ressentait chaque nuit venant. Métaphysisme abstrait qui l'acheminait vers des réflexions satisfaisantes. Seul moment ou la solitude pouvait être complète et où l'envie de vivre remontait un peu dans son vaste esprit. Des pensées à la fois horribles et répugnantes. Repoussantes car nauséabondes d'une façon de cogiter ignoble comparé aux autres. Spéculer silencieusement sous des rafales de plus en plus irascibles, ce souffle même de la nature qui s'accroissait de façon impressionnante. Raisonnements lugubres d'une conscience dérangée. Ectoplasme funeste qui l'amenait dans des chimères trop fuligineux pour entrer dans des préceptes ordinaires. Chimères dévastatrices qu'elle se plaisait à dominer. Oui, commander ses pensées et ses envies aussi bien qu'elle pouvait diriger ce qui l'entourait. Prenant alors les dessus d'une décadence absolue, d'une déliquescence radicale, d'une décrépitude péremptoire.
Létargisme cellulaire rompu d'une main glissée dans sa poche. Sortant de celle-ci un flacon, cette même liqueur dont elle ne pouvait se passer. Geste qui trahissait son envie d'alcool. Gnole qui réchauffait son âme et qui brûlait son corps. Une petite bouteille de Vodka qui ne tarda pas à s'en voir démunie de son bouchon. Portant le goulot à ses lèvres et laissant le liquide glisser dans sa gorge, réveillant les flots du souvenir. Des flashs de toutes les fois où elle s'était bourrée la gueule, de toutes les fois où le degré présent dans son sang s'était élevé de façon si considérable que le coma s'en était inévitablement suivit. Et une autre main glissée dans la poche arrière de son vieux jean pour en sortir un paquet de cigarettes nommé "Camel", avant de l'ouvrir et s'en extirper un joint qu'elle avait roulé le soir précédant. Glissé entre ses lèvres avant d'y apporter une petite flamme tout droit sortie d'un briquet, afin d'en brûler l'extrémité. Qu'appelait-on la différence ? Une façon de penser, d'œuvrer en divergence avec les autres. Alors oui, Honora était différente. Et cela la rendait incontestablement unique. Stupéfiante, car lorsque Katara se réveillait, l'opposition des envies était paradoxale. Invraisemblablement, elle était entièrement différente. Car oui, si Honora était quelqu'un de sombre et d'austère, Katara en incarnait son parfait antithèse. Adorable, affectueuse, sympathique, délicate, serviable et douce. Charmant de sa munie personne. Sociable et enjouée, elle aimait à s'entourer des autres, à s'amuser, à rigoler et à aimer. Dégoûtant, n'est-ce pas ? Déplorables et exécrables moments qui laissaient entrevoir une fragilité presque nauséeuse. Et l'immobilité de la jeune femme s'aboli. Un mouvement. Elle fermait les yeux en baissant la tête et en décroisant les bras. Tel un pendu se balançant au bout d’une corde. Il ne fallait surtout pas que Katara revienne à ce moment si... Etrange et insolite. Honora dévoilait jamais ses songes plus profonds, hors, Katara n'arrivait pas à les cacher. Il fallait à tout prix s'abstenir de faire venir cette pimbêche. Pécore lamentable qu'Honora se forçait à cacher. Puis, une voix beaucoup plus féminine que la première fois où elle ouvrit la bouche. Un son aigu et d'une tonation beaucoup moins pénétrante que la précédente.
- " Je vois, ça... On ferait mieux de partir. " Contrairement à Honora, Katara laissait aisément transparaitre ses pressentiments. Menace énigmatique elle éprouva donc. L'insécurité aurait alors pu la coloniser. Un souffle rapide de crainte l'affecta. Effroi profond d'une peur incontrôlée. Mais qu'est-ce qu'elle fouttait là ? Katara était gentille, faible et très vulnérable. Si les choses restaient ainsi, elle risquait gros. Mais, fort avantageusement, Honora ne pouvait laisser passer cela. L'envie de se retrouver devant ce mystère sur pattes qu'était cet inconnu. Une inspiration profonde. Bouffée d'un oxygène pur qui eut pour simple effet de la faire toussoter. Contorsion instantanée et affligeante de sa cage thoracique. Impéritie inhabituelle qui attisait l'envie du retour de l'autre. Honora reprenait le dessus, il le fallait, c'était obligatoire. Revenant à son allure pervertie et à son insensibilité extensible, elle était de retour. Plus latente et atone que jamais, impénétrable et inerte, un sourire vicieux s'afficha sur ses lèvres. Les yeux brillants d'une nouvelle étincelle de folie, l'anonyme semblait intéressant. Certes, il n'en était en rien captivant, mais il paraissait dissemblable. Et tout ce qui était inhabituel avait l'art de l'attirer, de creuser en elle les chemins de questionnements divers qui engourdissaient son être. Recroisant les bras, elle le regardait s'abaisser pour poser son cul à même le sol. Génial, elle ne pouvait rêver mieux. Une nuit de merde où vent semblait seul existence et où la rencontre qui s'opérait n'était guère sensationnelle. La chance, elle ne connaissait pas. Les aléas de la vie étaient souvent déstabilisant. Morosité ivre qui proliférait en elle avec l'avidité d'un camé qui trouvait une dose suite à une longue période de manque intense. Intelligente, oui. Ingéniosité dont elle ne se servait pas, acuité acquise naturellement. Un cerveau aux capacités déconcertantes. Intelligence accrue qu'elle ne montrait pas, mais qui pouvait l'aider de diverses manières. "Alors nous devons entendre par là que ces demoiselles ne veulent pas de cigarettes. Bien." Ce nous, mot perpétuel qu'elle ne connaissait que trop bien. Ce terme familier résonnait dans sa tête, comme crié à l'infini, bruiissant en elle d'une clarté presque insupportable. Prototype d'une boutade qui jouait sur le paradoxe de ses discernements. Nouvelle fixité détraquante de son corps. Après ces courts mouvements, le repos de son organisme se remis à zéro. Embarrassant ainsi ses membres d'une inactivité approximativement gênante.
- Rien de c'que tu possèdes ne pourrait m'intéresser. Enfin, elle peut-être, mais pas moi. Cette phrase fut trop longue pour le souffle d'Honora et elle du se stopper dans sa lancée pour renifler une nouvelle bouffée d'oxygène. Elle le regardait encore et toujours. Regard effarant de par sa froideur et l'inexpression qu'il dégageait. Ses cheveux longs, trop longs - qu'elle avait oublié d’attacher - se mirent à virevolter autour d'elle. Chevelure dont la couleur ne faisait qu'ajouter un peu de mystifié à la lune dont les rayons s'honoraient déjà de reflets bleutés dans cette nuit concave d'un insondable néant. Abysses mêmes de couardises qui faisaient si peur à beaucoup trop de personnes. Le seul effet que cela avait sur Honora était de la reposer. Césure méritée, car le temps n'avait certes pas l'intention de s'arrêter pour la laisser souffler. L'ennui avait progressivement décampé, seule une nonchalance parfaitement soumis pouvait à présent se lire sur son visage. Seul constatation qu'elle laissait lire en elle, celle de l'assurance mêlée à l'arrogance bien travaillée qu'elle s'était exercée à composer depuis bien des années déjà. Son regard était insolent, son sourire était méprisant, toute son allure en arrivait à être orgueilleuse. Car oui, elle pensait perpétuellement à elle. Les autres n'avaient pour honora pas la moindre importance. Et l'attention qu'elle portait à l'inconnu s'en résumait alors à un seul mot : Distraction. Faible étourderie qu'il lui apportait par sa seule présence. Même si celle-ci n'était qu'illusoire, cela arrivait à l'amuser un peu. Fallait bien qu'il serve à quelque chose, celui-là. Sinon, à quoi bon rester près d'elle ? Il attendait quoi ? Qu'elle vienne lui serrer la main en lui ânonnant, telle une pimbêche "Salut, j'm'appelle Honora et toi ?", pour ensuite glousser comme une conne, avec un grand sourire, aussi faux soit-il ? Dans ses rêves, ouais. Rien à perdre, rien à devoir prouver à qui que ce soir, voilà ce qu'étaient les pensées de la demoiselle. Et lorsque nos pensées s'en arrêtaient là, la vie devenait un jeu. Un échiquier vaste aux pions grandeur nature. La partie avait commencé il y avait dix-huit ans de cela, lorsqu'une jeune fille naquit. Qui aurait alors pu prédire que cette belle petite fille aux yeux pétillants de vivre deviendrait, quelques années plus tard, une jeunes femmes recluse dont le simple regard suffisait à vous faire fermer votre gueule. Qui aurait alors pu prédire que cette jeune femme ne serait que jeu d'une double facette dont elle se passerait bien et dont les sourires et regards laissait un large frisson se répandre dans le dos. Qui aurait alors pu augurer que cette petite fille fougueuse et empreinte d'une solennelle joie de vivre deviendrait pur déchet de la connerie humaine, débris affligé d'une rancœur inégalable, épave d'une quelconque émotion joyeuse, qui subsistait à contre cœur, car la disparition n'apporterait que bonheur à beaucoup de monde et qu'elle ne voulait en aucun cas être l'objet direct d'un ravissement certain. Oppressée d'une envie grandissante de divers changement, épuisements désespérés qu'elle se forçait à camoufler. Et pendant ce temps là, le vent continuait à faire progresser son ascension, ramenant avec lui cette odeur âpre et perfide de la nature.
Dernière édition par Honora K. Yumih le Lun 17 Aoû - 0:57, édité 2 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Lun 27 Avr - 11:40 |
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Long regard empreint de vice et d'apathie, la fougue et le feu de ceux de Crazy étant noyés par la pâle froideur de ceux de Tom accablés d'orages. Yeux embués de nostalgie latente, de mélancolie flottante et d'un macabre scintillement de méchanceté contenu. Bouche entrouverte qui laisse s'échapper la froide vapeur fumeuse que provoque le froid de l'atmosphère se heurtant à la haute température de ce corps esquinté d'un trop plein d'existence et de vies brulantes qu'étaient le mélange de deux êtres condamnés à être réunis dans un seul et même lieu. Bourrasque légère d'un vent trop violent se confondant dans le gouffre de cette nuit immobile. Certitudes échappés et emportées par la brise assaillante et avide de sentiments dérisoires et d'humanité. Lourd silence nocturne fracassant aux alentours du monde endormi, ciel trop haut pour en distinguer les courbes, et trop bas pour s'y évader au delà d'un regard. Gravité qui mène à la chute, crépuscule lointain et inespéré, astre lunaire brillant durement et froidement dans l'obscurité noirâtre de ce monde ne laissant pas de place aux rêves et aux utopiques. Constellations trop lointaine et immense pour que les hommes prennent le temps d'y songer. Scintillement d'un faisceau courageux illuminant la chevelure aux éclats d'hiver bleuté de la jeune fille assise sous ses rayons glacés. Alentours mystiques et reclus, lourd atmosphère frileux d'éclater au grand jour; enivrant l'esprit de Tom réfrigéré et amorphe d'exister et de penser. Filament d'espérance embuant son cœur craquelé de combats récalcitrants contre lui-même et les autres. Lente attente impassible et insoupçonnable. Patience et espérance se noyant dans la lassitude de l'âme et la certitude de ne pas s'en sortir. Complainte imprononçable et invisible aux yeux des autres, enfouie au creux de ses tripes recouvertes d'ébriété mensongère. Espérance timide et inhabité de pouvoir exister dans un esprit qui n'a de place que pour la désolation. Bribes de pensés mêlées de crainte et d'envie de pouvoir espérer en paix. Crazy n'avait décidément pas le contrôle en cette soirée de renouveau.
Au pays des sortilèges encore inexplorés, Tom parcourait d'un regard nouveau la charnelle enveloppe qu'était le visage de l'inconnue qu'il défiait par l'inhabituelle arme qu'était le silence froid d'un cri désespéré appelant au changement et à la distrayante envie d'être surpris. Ici bas, sur ce sol froid et bétonné, dans cette cour ridiculement décharnée, reflet de la société viscérale qui érigeait ce monde d'hypocrites, un maigre espoir se faisait sentir dans le tréfonds de ses atomes. Amas de cellules, morceaux de chaires, cervelle flasque et liquide sanguinaire, comment ces associations répugnantes pouvaient provoquer la naissance de quelque chose d'aussi complexe qu'un être humain tourmenté de conscience? Que représentait les hommes, si anodins dans ce cosmos magnifique? Ils pouvaient cracher, même rire, qu'est ce qu'il faisait qu'il y en ai des « bons » et des « méchants »? Qui avait choisit de ce qu'était le sens des mots destiné, voie, personnalité et existence? Qu'y avait-il sous les apparences trop travaillées qui protégeaient le fond de l'âme prisonnière et étouffant sous une carapace destructrice? Questionnements et doutes. Trop de contre courant dans l'esprit confus et pervertie par le morbide qu'était celui de Tom. Trop de brouhaha raisonnant en lui et entrainant ce lent et profond silence tranchant qui en voulait dire trop long. Immobile. Tout son corps, derrière cette apparence figée tel une statue était frissonnant, prêt à recevoir quelque chose qui pourrait le surprendre. Espérant et attendant de voir enfin quelque chose de vrai, peu importe quoi, mais un acte, une parole, ou tout simplement un regard, un silence, qui ne serait pas sur joué, qui serait enfin du vrai, libération et inspiration d'une vie qui serait enfin montrée au grand jour pour chasser cette nuit répétitive et semblable aux autres, qui ne fait qu'enfoncer encore un peu plus l'existence dans le flot du faux-semblant. Existence réel sortant du tréfonds de l'inhumanité. Est ce que les humains pouvaient le surprendre, ou bien devait-il se résigner à jamais et ne plus rien attendre d'eux? Avait-il ouvert les yeux trop grand en réalisant qu'il n'y avait que facettes dans ce monde harassant qui nous traîne à la tombe?
Lent mouvement machinale de sa main noueuse et rachitique se glissant au fond de son jeans troué. Paquet de cigarette, anodin à regarder, agréable à consumer et malsain pour le corps. Plaisir pervers de la conscience à jouer de cet instrument qu'était de provoquer la banalité de cette décadente addiction. Totale lucidité que de se tuer à petit feu, à coup de fumée, tellement moins effrayant que le suicide et tellement plus violent pourtant. Éclat de lumière provoqué par la belle invention du feu mis en boîte dans un briquet de seconde main. Total contrôle de l'homme sur les éléments qui les dépassent. Le progrès était destruction. L'avenir était dissolution. « Je vois ça...On ferais mieux de partir. » Lent, très lent détournement de tête en direction de la voix trop aiguë et fade pour ne pas y prêter attention. Voix fragile d'un cri étouffé, d'un semblant de vrai voulant briser la glace qui la congélifiait, voulant franchir la carapace de froideur qui l'emprisonnait. Ces paroles prononcées à l'instant n'étaient pas des chuchotements, ni des mots, mais un hurlement d'une âme enfouie, un cri d'existence interdite et écrasée par une violente barrière. Lente inspiration de la fumée s'insinuant dans sa gorge irritée de nicotine et tapissé d'amertume. Lent détail de ce visage féminin si banale énigmatiquement que s'en était absurde de pouvoir y déceler une parcelle qui pouvait distinguer le vrai du faux. Complexité d'une personne tiraillée et transcendée, impalpable et dédoublée. Portail de l'esprit renfermant une âme en éclats et assaillit par une force indésirable, facettes trop multiples pour percevoir un éclat supérieur dans ce méandre de confusion. Une eau trouble. Tom ne distinguait qu'un marécage scintillant de doutes et de force, de peur et de contenu. A l'évidence, cette fille ne jouait pas. Mais c'était ses consciences qui s'affrontaient et se jouaient d'elle. Mélange de personnalités s'étant accaparées un seul et même corps. Instrument des esprits noirâtres et opposés, écarts et oppositions incohérentes la dirigeant et la laissant démunie face à elle-même. Perdue dans les méandres filamenteux de sa propre carcasse.
Cigarette se consumant avec lenteur et saveur. Tom gardait le silence qu'il avait installé pour pouvoir entendre et reconnaitre le vrai lorsqu'il surgirait enfin de ses plaines désertiques et inaccessibles. L'anonyme présence l'intriguait, croissante et présente envie d'y voir plus claire, de comprendre à quoi rimait ce petit manège trop sincère pour faire partie du théâtre. Absence de réaction, visage impassible et figé, illisible et indéchiffrable qu'arborait Tom avec pâleur et lassitude. Tout n'était que torpeur lorsque Crazy ne se montrait pas. Tout n'était que réflexion, quête, recherche, désespoir tiraillé entre l'envie d'y croire et celle de tout foutre en l'air. Complexité. C'était le mot qui définissait Tom. En cette nuit venteuse, il percevait peu être le mirage d'une serrure, semblant de porte imaginaire vers la compréhension du rôle des hommes dans l'univers et d'une possibilité qu'ils y ai des différences entre les uns et les autres. Rare étaient les moments ou il était aussi sobre. Sobriété de l'esprit, dégagement net des idées par la momentanée disparition du néfaste double, clairvoyance trop lucide respirant de ce court instant de stabilité des pensées, tête si rarement seine qui n'était pas encore envahie par les flots bulleux et ombrageux de quelques alcools absorbés du matin au soir et endormant les pensées trop complexes qu'il cherchait à fuir. A y voir si clair, il en avait mal au yeux. A être si lucide il n'y comprenait plus rien. A chercher la sortie il ne trouvait que la fin. A vouloir comprendre il ne perdait que raison. Trop de grabuge provoqué par une inhabituelle netteté, engrangée par cette si petite présence d'une inconnue complexe, crucifixion du cœur, il avait mis la gueule dans la tête du serpent. Et au creux de son ventre raisonnait les cris étouffés de Crazy qui cherchait à prendre le dessus mais qui ne s'y retrouvait plus dans ce corps trop tourmenté, qui cherchait la violence et la rage mais ne trouvait que destruction et incompréhension. Oui, derrière cette prison de l'âme, cette enveloppe corporelle, ce corps long, vide d'expressions, osseux et froid, tout n'était que tempête, orage et naufrage. Il n'aurait peu être pas dû venir ici ce soir là.
Le calme fut rompu à nouveau. La jeune fille ouvrit la bouche une fois de plus. Un indice inespéré, une clef, la sortie du labyrinthe se dessinant d'entre la brume, un vieux port allumant ses feux pour montrer la voie aux naufragés?... Non, bien sur, ce serait trop facile. Juste une voie de plus, une énigme supplémentaire, comme un parfum de souffre qui ravive la flamme du désarroi et de la perdition. « Rien de c'que tu possède ne pourrait m'intéresser. Enfin, elle peut être, mais pas moi. » Phrase aussi banale que complexe, absurde et clairvoyante, mélange d'affirmation, contradiction et assurance détachée. Voix pénétrante et brutale, contrastant avec la précédant. Paroles de défis, habituelles mots d'auto-défense et de provocations, brève remémoration des continuelles représentation théâtrale arborant les perpétuelles répliques dénuées de but. « Elle peut être, mais pas moi. » Un indice qui n'était pas là pour rien. Une phrase qui n'avait pas été rajoutée pour faire joli. L'inconnue aurait put se contenter de sa petite attaque bien formulé. Mais non, elle avait ouvert une piste en plus. Comme pour dire, tu vois, je suis pas toute seule. Tu vois inconnu, je suis tiraillée, je suis deux, j'ai pas besoin de toi ni de tes clopes, ni de ta présence ni que tu existe. Je me suffi à moi même. J'ai déjà de la compagnie, j'ai déjà de la souffrance, alors dégage et va crever avec les autres. Je suis pas compatible avec ce monde. Oui, Tom analysait ça comme ça. Une force cachée et contrainte de le rester criait « au secours » et essayait de se faire entendre. Par dessus tant de banalité que d'agressivité c'était une demande d'aide. Mais il n'était pas un prince charmant, il n'était pas un sauveur, il était un déchet pourrissant de l'humanité et ne cherchait que les clefs du monde pour pouvoir en fermer toutes les portes une bonne fois pour toute. Il ne faisait qu'analyser, interpréter et rechercher. Et il se fichait pas mal de savoir s'il avait tore ou pas, vu que rien ne permettait de distinguer le vrai du faux de ce monde. A tâtons dans le noir, il cherchait le gouffre luminaire de l'existence. Fixant toujours la jeune fille avec autant d'intensité, il ne désaérait toujours pas les dents, se complaisant dans l'idée de la voir s'exprimer avec elle même. Tom n'était qu'un outil dans son monologue intriguant.
Dernière édition par Tom Crazen-Blake le Lun 27 Avr - 13:39, édité 3 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Lun 27 Avr - 13:18 |
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(H_J: Désolé, ça ne tenais pas en un seul message :) ]
Il l'observait avec attention. La jeune fille avait sortis une flasque un peu plus tôt, certainement pas de l'eau. Tom n'avait pas bronché mais Crazy avait rugis de l'intérieur, voulant sortir, crier, hurler et exister au dépend d'un Tom tellement concentré et déboussolé dans les routes perdus de ses spéculations qu'il résistait à l'envahisseur avec une force déconcertante. Odeur douce d'évasion et de perfidie s'échappant du joint qu'elle tenait entre ses doigts fins, étoile brillante dans l'horizon, remède de la pensée, soleils qui s'inclinent, oublie de sois-même et des autres. Tom ne connaissait que trop bien toutes ses sensations. S'échapper de la réalité était son quotidien, plonger dans la beauté des rêves, de l'espoir et de la mélancolie pour oublier cette outrageuse lucidité et complexité des pensées. Par un réflexe incontrôlable, par une irrésistible envie, par une pulsion chronique et automatique, il posât son osseuse main sur le sac à dos posé à terre qui frôlait ses genoux. Ses tourments sans réponses pouvaient être apaisés en un simple geste machinale. A portée de main, les remèdes dont il avait besoin, ce soir particulièrement plus que les autres. Trop irrésistible pour ne pas oser avoir envie de ne pas y toucher. Se torturer l'esprit sans raisons amenait toujours à la même conclusion, l'envie de partir, de s'évader. Peu être que dans les rêves brumeux des perceptions déformées il trouverait des réponses. Le meilleur moyen de résister à la tentation était d'y céder. Crazy ne lui faisait pas peur en cette nuit de déroute de de déraison. Rendre plus beau le monde en oubliant d'y penser. Partir à la recherche de la magie noir en se noyant dedans. C'était la solution qu'il s'adorait à faire, tous les jours. Oui, la vie n'était qu'une putain, il en était le macro. Pourquoi tant de sombres pensées, de tortueuse réflexions, alors que la perdition de l'âme était à portée de main? Pourquoi tant de manière bordel, mais qu'avait-il ce soir là enfin, que se passait t-il dans cette tête perdu dans les constellations du doute? Il ouvrit lentement son sac à dos, comme un gamin qui fait une connerie en ressentant la peur et l'excitation, en se complaisant dans le mal à la recherche d'un endroit meilleur. Sa flasque d'eau de vie fermement serrée dans une main avide et pressée, il reportât son attention sur l'étrange présence qui lui faisait face ici bas. Elle avait les yeux noirs dans lesquelles ont voie du bleue, le visage pâle camouflant la noirceur et l'attitude limpide d'une trouble face. Tom débouchât sa bouteille, et la tendit rapidement vers l'avant en direction de l'inconnue, accompagné d'un signe de tête imperceptible:
«- A la votre. »
Portant la fiole à ses lèvres, il eu une pensée pour Crazy, être pourrissant à l'intérieur de lui, n'attendant et ne guétant qu'un infime relâchement de l'esprit fiévreux de Tom pour pouvoir prendre sa place. Longue et goulue absorption d'un alcool décapant, vif et brulant, s'infiltrant le long de sa trachée pour tapisser les murs de son estomacs esquintés, vidé et salis. Complaisante saveur de ce goût particulier et ravivant, franchissement de la frontière placide qu'était la sobriété, barrière enjambée vers les constellations, approche de la lisière des rêves et des voiles au cœur de la Terre et de l'imaginaire. Au vent des connexions, exceptionnelle et confortant moment que de partager cette ivresse avec le reflet d'une âme tourmentée comme la sienne. Expérience nouvelle que de ne pas user de vulgarité, de violence, de carnage et d'agressivité envers un Autre. Sentiment indéchiffrable que de ne pas sentir Crazy s'infiltrer dans son esprit et diriger ses actes et ses réflexions. Soulagement frai et divin que de prendre sur sois, de repousser l'échéance et d'essayer de comprendre avant de frapper. Extase que de sentir ce que c'était bon de ne pas être sur de sois et de se surprendre sois-même. Étonnante sensation que de ne pas reproduire ses habituelles actions d'agressivités verbales et gestuelles. Drôle de sentiment que de rester digne, distant et de ne pas entrer dans le jeu des répliques malsaine qui ne mènent qu'a la répétition d'un néant sidérale. Oui, Tom progressait. Il ne voulait en rien ressembler à cette foule d'êtres monothéistes qu'on appelait humains. Il ne croyais en rien sinon au pouvoir des drogues. Il ne pouvait compter que sur elle. C'était son échappatoire. Les Autres étaient de trop. Mais ils ne l'atteignait plus. Il y aurait toujours un clown à martyriser bien sure, mais ce jeu état de moins en moins distrayant. Non, ses seules motivations maintenant étaient de comprendre, et d'oublier. De rechercher la réponse et de chercher l'évasion. Non, il n'agresserait pas cette fille ce soir, à moins que Crazy arrive à prendre le dessus, ce qui était tout à fait envisageable venant de sa part. Il ne rentrerait pas dans ses provocations. Il ne perdrait pas son temps avec des répliques cassantes et des mots vide d'utilités. Comportement inhabituel, mais il n'avait jamais fait cet effort là que d'être distant de toutes ses manies, ses règles et ses comportements rituelles. Il se contenterait de rester là, impassible, de lui faire face, de l'affronter en silence, de la percer à jour ou de la percer à nuit, peu importait. Il se fichait de savoir son age, son prénom et son vécut. Il avait envie de tout sauf de faire la conversation et d'écouter l'histoire de la futile vie que peuvent bien mener les Autres. Il voulait juste se murger la gueule, et si par la même occasion, cette ensorceleuse avait un intérêt quelconque à ses yeux ou était en capacités de lui apporter des choses nouvelles et différentes qui pouvaient faire basculer ou modifier sa vision du monde déplorable dans lequel il était retenu, il n'en serait que soulagé et libéré. Désormais il avait enfin un autre but que d'aiguiser la lame, il s'était enfin réveiller de son triste coma, vu qu'il n'y a qu'au combat qu'on devenait libre, et il allait se battre pour anéantir ce putain de double qui le bouffait de l'intérieur, rongeait ses os et entamait sa moelle. C'était la seule libération qu'il attendait de cette prisonnière d'existence, et il allait canaliser toute sa rage pour la déverser sur Crazy au lieu de la gaspiller sur les Autres qui ne méritaient pas la moindre parcelles de son attention tiraillée.
Étrange duo dans ca bas fond que l'association d'un être bouillonnant à la recherche d'une libération, d'un éclos de sagesse et d'apaisement nouveau face à une nature féminine toute aussi dédoublée et tiraillée que lui. Tom respirait enfin, de cette air qu'il avait tant attendue, de cette bouffée d'oxygène tant recherchée, de cette entrée d'air dans le tombeau qui était resté sous terre depuis trop d'années passée à rager contre sa prison. Ce confins perdu dans le feu de l'étreinte et dans le noir venin de cette pale nuit envahissait la conscience de Tom d'un nouveau souffle. Seul au monde en présence d'une Autre, face à lui-même devant la féminine, muet devant tant de réflexions, cette nuit était celle qu'il avait attendue depuis bien trop d'années. Il bue une nouvelle savoureuse, longue et apaisante gorgée de cette eau si savoureuse et bénédictine que son estomac criant famine réclamait depuis l'aurore déjà. L'anonyme était intrigante. Muette et aussi innocente qu'une rose aiguisant ses épines. Aussi complexe que facile à cerner. Aussi inconnue qu'étrangement familière. Qu'y avait-il sous son masque de froideur? D'où venait cette lassitude, cette distance et cette confrontation intérieur? Pourquoi l'avait-il croisée sur ce chemin tortueux lors d'un soir ou ses pensées n'étaient déjà que trop en chamboulements? Pourquoi restait-elle, pourquoi jouait-elle le jeu, pourquoi prenait-elle la peine de lui répliquer de la sorte, de lui demander de l'aide insidieusement et à contre-cœur avec une autre de ses facettes? Pourquoi, pourquoi... Tant de questions et jamais de réponses, s'en était écœurant. Que de corvées et de douleurs psychique que de chercher un sens à cette vie rebutée. Qu'attendait-il de cette fille au juste? Pourquoi ne partait-il pas se bourrer tout seul, comme d'habitude, aller se fumer un joint, planer et se laisser aller à ne plus penser à rien. Pourquoi vouloir subir cette affrontement et cette torture de la conscience? Profiter de ce que, pour une fois, Crazy n'ai pas encore le dessus, probablement.
« Belle réunion de quatre êtres détestables en une nuit toute aussi déplorable. »
Intonation désinvolte et lassée, infime tentative inavouée de provocation. Maintenant qu'il avait mis les pieds dans le plat, autant forcer un peu les choses. La réponse à ses incompréhensible recherches était au bout, il le sentais. Drôle de face à face. A la santé du feu, de l'alcool et des êtres reclus de cette société conformiste. Association d'anormalité et d'étrange, d'insolite et de dégradant, de violent et de noirceur, sous le pale visage témoin de la lune qui avait l'opportunité de planer constamment et de ne pas faire partie de cette Terre trop complexe.
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Baise les gens. Une manière très personnelle d’affirmer ma croyance profonde en la misanthropie. 
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Jeu 30 Avr - 21:29 |
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Apathique était cet instant, il n'y avait aucune hésitation quant à cette péroraison. Inconsistance de deux misérables vies, existences qui se résumaient en un mot : Transcendance. Abstraction d'une existence non souhaitée avec laquelle ils cohabitaient pourtant depuis pas mal d'années déjà. Concordances forcées et emphatiques vis à vis des autres. À quoi se résumait le Monde, lorsque la vie ne valait plus la peine d'être vécue ? À quoi s'abrégeait le cosmos lorsque son existence elle-même en devenait condensée ? Civilisation, Évolution, Humanité, Société... Tous ses mots devenaient alors sacrilèges, hérésies ergonomiques et platoniques qui flottaient autour d'eux sans pour autant avoir le moindre impacte sur leur vie en générale. Ceux qui se croient supérieurs et intangibles sont à la fois idiots et inconscients. Qu’ils sont nombreux, ceux qui dans leurs orgueils démesurés, enivrés dans des désirs incontrôlés, ont succombé dans des gestes passionnés, satisfaisant ainsi leurs faiblesses d’instincts purement basales ! La prudence devrait pourtant être de mise, dans cette société où l’accent se fait non pas sur la charité et la valeur de la privation, mais le plaisir et l’importance d’apaiser nos pulsions. Monde sans contenances, marionnette se laissant diriger par la perfidie de cette forme qui maintient l’âme sur Terre. Comment lutter, lorsqu’on ne comprend pas l’importance d’une telle action ? Les efforts ne sont qu’un mot parmi tant d’autres, syllabes pourtant terribles aux paresseux, aux lâches et aux mécréants. Levez-vous donc, peuple sans volonté ! Méritons-nous vraiment la vie, lorsque l’existence se compose non pas de la présence des autres mais de l’auto-satisfaction ? N’utilise pas ces mots qui me sont vagues. Ne m’observe pas, mon regard te brûlera. L’âme n’a que faire des plaisirs terrestres, se délectant de la durabilité. Honora corrompait cette essence qui l’animait, cherchant l'existence là où elle ne trouvait que déception. Elle n’était qu'une femme, simple mortelle, misérable poussière emplissant de son indigence la vie de diverses personnes alors que sa propre vie n'était que vacuité. Dédoublement de soi, division de deux âmes distinctes dans un même et unique corps. Des goûts particuliers confinés dans ces deux antités différentes, des pensées divergentes et des gestes s'opposant d'une immonde clarté. Et pourtant, deux consciences antipodes obligées de cohabiter ensemble. Un peu comme des jumelles ne cherchant qu'à faire qu'un. Altruisme et résignation. Elle avait fini par arrêter de réfléchir, de se fatiguer à penser. À songer à tellement de chose en un même instant, que son esprit terminait par en être brouillé et engourdi. Achèvement d'une destinée abusive, saturation démesurée d'illusions irréelles. Hypocrisie personnelle et sous-jacente d'une mentalité déraisonnable. Extravagances individualistes qu'elle seule avait le dont de décoder. Pensées impures et immorales couramment incomprises des autres. Mais peut-être que l'inconnu comprendrait ? Était-ce pour cela qu'elle ne délogeait pas ? L'envie pourfendante d'être appréhendée par au moins une personne sur cette pieuse terre. Honora ne savait pas, ne désirait pas comprendre. Un peu de mystère était bienvenu dans sa vie, car en général, elle comprenait tout trop vite avec exagérément de réalisme...
Rafale frigorifiée d'une tourmente dramatisée. Tempête sèche et nocturne d'un printemps qui peinait à arriver. Les lieux étaient vides de toutes présences humaines. Vide de présence humaine, car la chose qui se tenait devant elle ne semblait pas faire partie de cette espèce. Compagnie non convoitée parce que le besoin de solitude devenait impérieux. Et le vent, si transi soit-il vint s'écraser contre sa peau, la blindant alors de longs frissons consciencieux. Enveloppe charnelle, fibres et tissus par milliers. Pulpe humaine commotionnée par la constance même d'une brise épaisse et visqueuse. La vie de l'être Humain se schématisait-elle à cette simple synthèse ? Certes non. Ces êtres, aussi abjects et ignobles soient-il, étaient capable de concevoir cette effervescence même qu'étaient les émotions, les impressions. Sentiments, intuitions et perceptions de ce que pourrait être leur existence s'ils rencontraient ce que l'on nommait communément l'Amour ou l'Amitié. L'admiration, l'adoration, l'affection que l'on pourrait ressentir envers quelqu'un l'écœurait. Ce dévouement et cet enthousiasme que l'on pouvait éprouver pour une autre personne la dégoutait. Dans un monde où son propre bien-être devrait dominer. Égoïsme, impureté, traîtrise... Les pires crimes ne sont-ils pas commis au nom de celui qui a succombé depuis longtemps à ses vices ? Pauvres créatures, voluptueuses marionnettes qui ne sont, en sommes, que des objets. Ne savent-ils pas ce qu’ils font, ces êtres de la nuit, qui assouvissent leur nature ? A moins que cet amour ne serve seulement qu'à apaiser nos pulsions, combler cet instinct animal et archaïque qu'était la sexualité. Simple fonction de reproduction rudimentaire et ancestrale qui se changeait doucement en pratique servant uniquement à satisfaire des instincts charnels et érotiques, ne dominant que le besoin physique de deux êtres se mêlant ensemble. Se satisfaire de par les autres lorsque son propre corps ne suffisait plus. Faut-il davantage pour effrayer les pures oreilles, l’honnêteté elle-même en est-elle devenue effrayante, tant sa véracité est monstrueuse ? Dans ce cas-ci, le mensonge devient une félicitée, un jardin de lys qui, de par sa blancheur, trompe l’âme qui ne cherche qu’à plaire à la perfection à laquelle elle aspire. La chair n’est qu’un tissu corruptible, qui n’entend raison ni d’Ève, ni d’Adam. L’âme n’a que faire des plaisirs terrestres, se délectant de la durabilité. Honora corrompait cette essence qui l’animait, cherchant le bonheur là où elle ne trouvait que déception. L’amour ? Une foutaise inventée par ceux qui ne connaissent que l’extase. Une illusion qui entraîne tous ces jeunes hommes dans son grabat, attirés par l’idée d’écrouer la jeune femme dans ce piège de possession. Fatalité. Entrave à son entendement, la jeune femme ne vit pas de chaînes, mais de conjonctures. La jeune adulte ne vit pas d’eau, ni de pain, mais de sang et de plaisir. Car rien ici-bas n’est éternel, le fiel de ces voluptés ne sont que des passages transitoires, une substantielle nourriture lui permettant de supporter, avec une légère décadence, les journées qui semblent vouloir se rallonger.
Naître pour se développer dans un environnement minable. Grandir dans un milieu peu favorable. Devenir adulte. Stade où les choix et les actes se répercutent sur nous avec violence. Niveau de vie où le moindre faux pas peut être synonyme d'enfermement. Se reproduire pour maintenir la longévité de l'espèce humaine. Descendance dont la subsistance ne sera certainement guère plus fastidieuse. Et enfin, vieillir. Se dégrader doucement et douloureusement jusqu'à finir cadavre. Placée sous terre, alors que le corps continue à se dégrader avec indolence. Putréfaction du corps, abolissement des tissus et dégradation de l'enveloppe charnelle jusqu'à devenir poussière. Dieu, le Paradis, l'Âme montant vers les Cieux... Foutaises. Hérésies qui ne servent qu'à adoucir l'existence et la torture de celle-ci. Balivernes inventées pour aider l'humanité dans sa glorieuse avancée. Acheminement qui ne sert à rien, si ce n'est l'envie toujours constante de renouveau. Cheminer, à tâtons, petit à petit, mettre un pied devant l'autre. Progresser, mais tout ce qu'on fait, c'est marcher vers l'infini d'un Cosmos bien trop vaste pour qu'il puisse être exploré dans son entièreté. Si c'était à cela que se résumait la vie, il fallait comprendre les personnes qui ne désiraient pas aller plus loin, ou qui convoitaient d'en finir. Le suicide. La mort pour seule délivrance. Qui a dit que seuls les faibles se suicidaient ? Le Suicidaire est intelligent. Il a compris à quoi consistant son existence. Il a assimilé qu'il valait mieux en finir plus rapidement pour passer outre les années de calvaire qui l'attendaient. D'un courage assez éveillé pour qu'il puisse aller jusqu'à l'achèvement de ses abstractions. Et il y a les autres. Pauvres âmes en perdition qui persistent à parcourir le chemin en espérant. Souhaiter l'impossible, escompter l'improbable. Stop. L'agonie larvée et silencieuse de la vie ne valait pas vraiment la peine qu'on s'y attarde avec autant de pragmatisme. Absence totale de réaction, qu'elle soit physique ou mentale. Honora ne bougeait pas, ne songeait plus. Seule son aura de mauvaise humeur semblait s'agiter et flotter autour d'elle. Et ce regard perpétuellement froid, noir d'une animosité sans pareille. Et en dessous de tout, un doux sentiment de perplexité vint flotter dans son esprit. L'inconnu ne semblait pas pareil à son habitude. Elle n'aurait su dire pourquoi cette constatation venait troubler ses pensées, c'était plus un ressenti. Une impression bizarre et diffuse qu'il ne jouait pas franc-jeu, qu'il cachait au plus profond de son être des secrets qu'il valait mieux ne pas tenter d'attiser. Il avait l'air différent qu'à d'accoutumance. Masques, facettes, mensonges... Il ne se montrait pas comme il était réellement et cette constatation avait l'art d'hériter les nerfs de la jeune femme. Encore un imbécile qui avait honte de dévoiler sa vraie nature ? Elle ne l'espérait pas. Pour une fois qu'elle rencontrait une personne radicalement différence des autres, elle serait déçue de n'y trouer là qu'une fausse apparence... Ce gars qui, sans qu'elle ne le sache, même si elle s'en doutait un peu, pouvait peut-être ressentir certaines choses pareilles aux siennes. La sensation d'être partagé en deux, d'être habité par une autre force qui faisait tout son possible pour perpétuellement prendre le dessus. L'intuition d'être deux intérieurement, alors qu'à l'extérieur, tout se déroulait correctement, si l'on passait outre cette allure dépravée et ces réactions excessives de colère. Deux antités distinctes et indépendantes regroupées en une seule. Leurs mouvements étaient souvent Action-Réaction, leurs esprits étaient fréquemment Dominant-Dominé. Deux consciences pour la place d'une seule. Agora intérieur qui allait bientôt manquer et l'une devrait impérativement écraser l'autre pour contrôler la totalité du corps ou, du moins, ce qu'il en restera l'instant venu.
Et cette voix, toujours cette même et agaçante phonation. "À la votre". Et c'est qu'il essayait d'être gracieusement poli, l'inconnu. Irritation et aigreur des ligaments pneumogastriques. Contorsions des nerfs, contractions des tendons dynamisant. Exaspération d'une humeur déjà suintante de contrariété. Inspiration brusque et foudroyant qui la fit tousser bruyamment. Extirpant alors de ses entrailles une fumerolle neigeuse due au degrés élevé de l'alcool qui contrastait avec l'air d'une flegmatique froideur. Smog blanchâtre, vapeur livide d'un corps en perdition. Impatience du temps qui se mettait en suspension, démangeaisons extrêmes d'un désir de se déplacer, de se remuer le cul. Elle avait envie de coups, de chocs. Concupiscences latentes d'une envie soudaine de battre, blesser, brutaliser... Percuter de ses poings, commotionner de ses jambes, poignarder de ses mots. Cogner ce qui bougeait, fustiger ce qui causait. Baffer jusqu'à ne plus sentir ses propres bras s'en aller. Heurter et trépigner d'une façon tellement rapide et insoutenable que ça en deviendrait déconcertant. Et elle se remua d'un pas en avant. Déambulation incertaine et engourdie. Processus d'avancement flegmatique qui la menait droit vers l'anonyme. Puis, ce tactique procédé d'accession se bloqua promptement pour l'en ramener à une rude et saccadée immobilisation. Conservatisme sous-jacente d'une stagnation despotique et tyrannique. Encore ce suffrage enrageant qui lui transperçait les oreilles et la cervelle avec précision. Justesse piquante et provocante qui avait le don de la mettre hors d'elle-même. Parole énervante qui avait certainement pour but de l'indisposer. Et pourtant, le contrôle presque parfait de ses émotions et réactions ne laissait rien entrevoir. Virtuosité des appréciations, impassibilité pressentimentale. Et elle reprit sa marche lente de gracieuse vers lui. Absorbée d'une envie de danger, elle s'assit à ses côtés, s'allongeant sur le chemin, les mains abandonnées et les yeux rivés vers l'infini d'un ciel excessivement étoilé. Météores profonds et reculés vers un infini tellement considérable et étendu qu'il en devenait étourdissant. Ciel et atmosphère étourdissant qui altérait ses envies et qui étourdissait ses envies. Pourquoi mettre tant de beauté sur cet globe terrestre dégueulasse ? Pourquoi instaurer tant de magnificence alors que le monde n'était que pourriture pervertie par la race humaine ? Les arcanes et énigmes incompréhensibles qui flottaient sans arrêts autour d'eux. Puis, son regard dériva lentement vers l'inconnu. Se redressant lentement de moitié en s'appuyant sur ses coudes, elle tentait de réveiller la "bête" qui dormait en lui. Honora avait besoin de spectacle, attraction frivole qu'elle attendait, prestation et exhibition fantasmagorique d'une autre partie de lui-même. Et elle avait envie de voir à quoi pouvait se mesurer l'ampleur et l'envergure des dégâts lorsque l'autre sortait, se réveillait. Était-ce un abruti suffoqué par l'envie de sang et de parricide ? Elle l'espérait, elle aspirait à cette éventualité. Circonstances, contingences, incertitudes, possibilités... Mais... La chance serait-elle là ce soir ? Aurait-elle l'aubaine de voir ce qui sommeillait en lui ?
Dernière édition par Katara H. Yumih le Mar 4 Aoû - 0:32, édité 1 fois
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Jeu 30 Avr - 21:31 |
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Possibilité réduite quant à la phrase qui fut prononcée. "Belle réunion de quatre êtres détestables en une nuit toute aussi déplorable". Quatre. Chiffre, monogramme qui sonnait bizarrement en elle. Tellement habituée à compter pour deux lorsqu'elle était seule, ou à compter pour trois lorsqu'elle était avec une personne dite "Normale". Mais quatre... Grande première, inauguration déloyale, ouverture d'un esprit abandonné. Ermite esseulée, coriace et effrontée. Animale, suave et audacieuse. Délurée d'un cynique éhonté. Impudence et impertinence d'un être aux idéologies confrontées. Quatre êtres détestables, certes. Une nuit déplorable, oui. Mais les choses pouvaient changer, nan ? Fallait-il vraiment énormément d'altérations pour qu'une modification soit impériale ? Bouleversement du temps, chambardement des utopies. Commutation d'une putride doctrine, fluctuation d'un espace trop restreint pour quatre. Remaniement des intérêts, retournement d'une situation. En cet instant ambitieux, Honora semblait déterminée. Inébranlable dans son envie de faire surgir de lui des gestes dramatiques, elle se rapprochait en souriant. Sourire cynique d'une âme immorale, hasardée et imprudente. Inconsciente et irréfléchie en cet instant, elle voulait juste analyser, apercevoir ce qu'il cachait. Assister à la montée d'une partie de lui encore plus déplorable que celle déjà présente. Si cela était possible, bien évidement. Inspecter la partie animale de lui qu'il camouflait avec dextérité. Et pourtant, imperturbable dans sa décision du moment, elle voilait voir jaillir de lui des mouvement brusques de colère. Se sentant inaltérable et inattaquable car folle et cinglée, elle pensait ne rien risque. Elle en était certaine. Et même si sa certitude n'était pas de mise, elle se sentait assez forte et sûre d'elle pour s'en sortir malgré tout. Forte aussi bien mentalement que physiquement, elle se savait apte à recevoir avec adresse et agilité. Dextérité et habileté à frapper, à recevoir les coups sans trop ressentir de dégâts. L'alcool et la drogue n'avaient finalement pas que des défauts. Et alors qu'elle se rapprochait, elle laissa s'échapper de ses lèvres, laissant apparaitre un sourire caustique :
- Et si je te disais que j'avais envie de toi... Foutage de gueule, c'était évident. C'était indiscutable. Limpidité acquise de manier la dérision et le sarcasme avec réalisme et pragmatisme. Bouffonnerie, d'autant plus qu'elle préfèrerait largement les femmes aux hommes. Laissant glisser un doigt sur le bras de l'anonyme, elle n'en ajoutait que plus à la dérision de sa moquerie. Elle espérait qu'il réagisse mal, qu'il se mette en colère.
Dernière édition par Katara H. Yumih le Mar 4 Aoû - 0:46, édité 1 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Mar 5 Mai - 13:35 |
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Pâle froideur d'une nuit sans sourire. Lente et invulnérable progression vers la recherche d'un être confondu assez spectaculaire pour lui inspirer de la nouveauté. Attente passive et immobile d'une réponse cosmique et improbable surgissant du froid néant de cette sombre soirée silencieusement renfrognée et muette. Oui, l'attente d'un flots incommensurables de réponses et de pistes à des tourments nébuleux qui ne pouvaient avoir de résultantes. Pourtant, les parcelles de consciences encore courageusement éveillées de Tom pressentaient qu'il se trouvait sur la bonne voie, celle de la perdition de la raison pour laisser place à la nette ambition de comprendre les choses inintéressantes aux yeux des Autres, trop accaparés par leurs petite vie embuée de terre-à-terre, pour avoir le temps et l'envie de se préoccuper du gouffre béant qu'était l'humanité sinistre dans laquelle ils survivaient. Non pas qu'il avait l'âme philosophiquement animée ce soir et qu'un ancestrale chercheur déluré s'était réincarné en lui, mais disons plutôt qu'il était poussé par l'envie d'être enfin surpris par le monde. Il voulait en connaître les clefs, les chemins obscures et oubliés, trop ridiculement petits et noirs pour intéresser les Autres. La noirceur qui rongeait son âme avait envie de dégrader ce monde en ayant toutes les portes ouvertes, en sachant ou frapper et pourquoi, avec l'exacte et délicieuse finesse menant précisément au but recherché. Marre d'avancer à tâtons et de provoquer des âmes partout ou il mettait les pieds sans que ça n'ai plus d'impact que d'assouvir ses besoins viscérales de destruction. Il fallait que ça ai plus de répercutions, que ça atteigne les êtres et ce qui les entouraient. Il fallait que son existence serve à la déchéance avec plus d'ardeur. Il fallait que sa tâche soit effectuée avec plus de netteté et moins de hasards. Il voulait savoir et connaître ce qu'il s'entêtait à vouloir effacer et démantibuler. Qu'est ce qui dominait ce monde en cachette, qu'elle était cette chose translucide qui attendait dans l'ombre de l'insolite et de l'oublie, ce qui guettait l'humanité insouciante des choses supérieurs qui les dominaient sans même qu'ils ai le temps de s'y attarder pour en prendre conscience? Pourquoi les hommes s'acharnait-ils à vouloir sans sortir sur une Terre aussi sinistre que perfide, qu'ils ne prenaient même pas le temps d'explorer, de connaître et de comprendre? Pourquoi perdre sa vie à la gagner, quel était le but de cette écœurante supercherie? Ces connards d'humains qui luttaient sans réaliser que leurs ennemis était imbattable, sans réaliser même qu'ils avaient un adversaire d'un taille tellement énorme qu'il en devenait invisible et insoupçonné. La vie elle même. Quel était le secret qui faisait que ces gens s'animaient, qu'est ce qui les poussaient à avancer avec aisance vers une mort certaine et dégradante, qu'est ce qui les obsédaient à vouloir continuer à espérer qu'un jour meilleur surgisse alors qu'ils avaient fait le tour de la question en cherchant une abris inaccessible? Tous ces trous du culs allaient crever au final, alors à quoi bon foutre les pieds sur cette immondice planète et faire comme si? Tom était lassé et trop désenchanté d'y voir trop clair et de supporter ce jeu qui tue, ce cœur qui ne battait plus, qui n'aimait pas et qui n'attendait rien. Il fallait qu'il détruise toutes ces mouches à merde, qu'il aspire leurs espérances pour les recracher à la gueule de la vie, qu'il comprenne pourquoi on donnait tant d'importance à cette déchetterie qu'était ce monde d'aveugles et d'ahuris. Chercher et surtout comprendre la source de leurs espoirs pour l'anéantir une bonne fois pour toute. Il n'aspirait qu'à ça, détruire et colorer de surprises sa lourde tâche d'anéantissement. Peu être que les humains pouvaient encore l'étonner. Il n'avait peu être pas tout exploré. Sa quête de brisement et de stupéfaction était contradictoire. Il voulait être étonné par un monde qu'il s'acharnait à vouloir faire disparaître. Y avait-il sur cette Terre quelque chose qui vaille le coup de subir cette tortueuse dégradation, y avait-il oui ou non une chose qui serait capable de l'étonner un jour, de donner un sens à son inutile et dégradante venue ici bas? Y avait-il quelqu'un qui ressentait là, dans ce vide de l'existence, la même chose qu'il éprouvait chaque jours avec une ardeur nouvelle?
Tortueuses réflexions se heurtant perpétuellement dans ses esprits confusément conflictuels. Face à lui, une présence. Pas un de ces néfastes Autre qui empestait le monde, mais un Être. Pas une femme mais deux consciences noyées et renfermées dans une apparence féminine. Oui, une présence transcendée en deux s'étant accaparée une anodine carapace humaine. Incarnation d'insolite dédoublement. Troublante apparition, qui méritait qu'on s'y attarde, qui agitait un peu la curiosité d'un Tom habituellement désintéressé des Autres. Il n'était pas face à une personne mais à un semblable. Un ou une, peu importait. Enfin, pour la première et unique fois de sa décadente existence, il réalisait qu'il n'était pas seul. La bulle impalpable et meurtrière qui l'abritait et l'arrachait des Autres s'était fissurée sous la glaçante bourrasque venteuse de cette perfide nuit pour laisser entre-voir l'éventualité d'une connexion avec le monde extérieur. Mince et imperceptible ébauche d'un sourire s'esquissant sur des lèvres trop peu habituées à ce genre d'exercice pour que l'action ne se fasse sans douleur et grimaçante déformation faciale. Oui, ce soir, il était sur une voie, la bonne ou pas, peu importait, mais ses triturations spirituelles l'avaient menées sur une route encore inexplorée. Le monde avait donc au moins la capacité de le surprendre encore un peu. Inattendu mais délectable. Il savourait ce moment improbable, cette satisfaction invisible qui se passait entre lui-même et le monde, cette imprévisible manifestation de l'existence voulant montrer l'étendue de ses facettes pour déstabiliser son esprit trop lucide et inaccoutumé par l'envie d'avancer vers l'avenir. Oui, il avait face à lui un beau spécimen inspirant l'attrayant et le renouveau. Mais cette jeune fille serait-elle à la hauteur de ses noirs et abstraites attentes dépassants la plate et la décevante limite d'esprit qui animait les têtes vides des pantins d'un monde décidément trop fade pour un être si avide de décadence qu'était l'association de la corruption et de la découverte?
Comme un éclat de rire viens consoler tristesse, la gorgée d'eau de vie absorbée avec avidité par une gorge assoiffée s'attacha à ranimer et secouer un peu la morne et fiévreuse présence de Crazy momentanément mise de côté au creux d'une conscience embuées de trop de questionnements vaseux. Parfum de souffre et souffle d'air neuf ravivant une braise encore chaude. Au creux des reins, caché dans ses entrailles, Présence indésirable et oubliée se tortillant comme un serpent et ne demandant qu'à éclore pour effacer un amas de trop vastes pensées et laisser place à la plus simple et précise envie de carnage. Banal et efficace, irréfléchie et incontrôlable désir de destruction et de corruption, évitant toutes les divagations spirituelles se heurtant les unes contres les autres contres les parois d'un crânes esquintés par la raison. Cri de rages étouffés par la tangible force d'esprit d'un Tom voulant trouver des réponses à des préoccupations aux bords du précipice. Grésillements sourds raisonnant au fond de son âme habitée par une créature ne demandant qu'explosions et réincarnation d'inhumanité. Vide-ordure de l'esprit n'aspirant qu'à faire le ménage dans ce bordel insupportable. Envie de domination et de pur désinvolture. A quoi bon comprendre un monde qui n'en vaut pas la peine, à quoi bon s'attacher à analyser quelque chose que l'on s'accorde à démantibuler jours après jours. Incompréhension croissante et coriace retentissants au creux de Tom. Crazy avait soif. Sommeil trompeur, courte torpeur, il ne s'effacerait donc jamais hein? Brusque réveil de son hideuse existence par la délicieuse et détestable liqueur. Duel. Confrontation. Sentir au fond de son ventre, de sa gorge et de son esprit une puissance impalpable demander réquisition d'un corps qui n'a pas de place pour deux. Sentir sa fiévreuse raison glisser doucement au fond de son corps pour laisser place à une toute autre lucidité, venimeuse et encombrante, ayant sa propre vision des choses, similaires et différents à la fois, déroutante et semblable tout de même à la sienne. Deux pensées ayant le même but mais pas la même façon de procéder. Une réflexion nébuleuse et une pleine d'actions décharnées. Une voulant comprendre et l'autre ne se préoccupant que du mal et de l'anéantissement. Une voulant y croire et l'autre ayant déjà tout vu. Crispent crissement de ses doigts rigides autour de la glacial fiole contenant le délectable poison animant et rénovateur de son autre. Délicieux goût de vice que de boire cette boisson tout en sachant que l'aboutissement mène droit au carnage de la dissolution de sa pensée. Choisir de le laisser prendre le contrôle pour enfin pouvoir échapper à ses tristes attentes et ses douloureuses pensées. Se faire à l'idée que son corps sera animé par un autre, qu'il n'est que l'objet et le jouet d'une supérieur et malsaine conscience, qu'il n'est rien qu'une anodine enveloppe, une triste et dégradante carcasse remplie d'animosité. Réflexions trop agressives. Raisonnements trop inutiles et dérisoires. De toute façon, avait-il vraiment le choix? Crazy avait-il vraiment besoin de son accord pour s'insinuer dans son être, le dissoudre et le soustraire à sa volonté? Non, bien sûr que non. La fiole qu'il tenait dans ses mains n'était malheureusement pas une potion qu'il choisissait de boire pour réveiller le monstre ou de renoncer à absorber pour le laisser endormis. Il n'y avait pas de magie noir pour échapper au sort que l'existence lui avait jeté. Le fait d'y tremper les lèvres ne faisait qu'accélérer le processus et agiter la bête, c'était tout. S'il elle voulait briser la cage de conscience dans laquelle elle était momentanément contenue, elle n'avait qu'a donner un bout coup de griffe ou, ce qui était plus courant, être poussée par une chose extérieur à le faire, comme, par exemple, la présence d'un Être aussi venimeux que lui tapis et attendant aux creux d'un corps banal. Et dans l'obscure nuit qui l'entourait, il avait été appelé et attiré par l'appelle inaudible d'un impudique et semblable monstre de cruauté ne demandant qu'a exploser au grand jour dans le plein milieu d'une nuit trop douce.
Nouvelle gorgée. Nouveaux tiraillement transcendant ses entrailles et nouvelle saveur enivrante se rependant le long de son œsophage engourdie par le contraste du froid environnent et de la douce brulure de la boisson. Long regard indescriptible, mêlés de conflits personnels, de pensées confuses, embrouillées, indistinctes et naufrageuses, d'attente d'un dénouement certain, d'espérances contenues, de défis et de violence marbrée de lassitude. Toute son attention était sur le qui-vive, prête à recevoir l'assaut de Crazy, prête à recevoir une attaque imperméable et masquée d'un vieux combat qui trouve enfin son sens. Seul au milieu du fracas, au milieu de l'absurde, au milieu du néant. Seul au milieu d'un face à face percutant. Il présentait qu'une chose allait enfin naître des cendres de l'enfer du monde qu'on lui avait imposé. Là, une chose se produirait confondant toute la perception qu'il s'était forgé au fil de sa carrière de destructeur. La jeune fille était la clef. Enfin...la jeune fille. C'était juste la représentation métaphysique de l'incarnation d'une de ses longue attente, de la représentation d'un semblable à lui-même, d'une âme écorchée vive et démembrée cherchant sa voie, elle aussi, dans le sidéral environnement trompeur des alentours, surement, sans même qu'elle en ai conscience. La chimérique présence en question, comme s'il elle avait décelée les macabres et empressées pensées du jeune homme se mit alors en mouvement, se mettant en scène, apportant sans s'en rendre compte, ou alors avec un maitrise parfaite et perfide, une bribe de solution à l'énigme intemporelle qui obnubilait Tom. Démarche féline, féminine, répugnante et agressive, symbole de la chaleur qui animait les femmes que haïssait tant Crazy. Provocation certaine, recherche d'un absolu manifeste qui sommeillait en lui. La présence cherchait l'improbable elle aussi. Ce n'était pas un quelconque duel comme subissait chaque jours Tom avec les Autres, un inutile conflits n'ayant pour but que mauvaises paroles et la douce, certes, mais banal satisfaction de la provocation pur et bête. Non, elle savait ce qu'elle voulait. Elle avait conscience de son immense ignorance sur ce qui se cachait au tréfonds de son âme dégradée, elle voulait creuser la statue de pierre de son apparence imperméable, gratter la couche de peinture opaque pour voir les choses horribles qui se dissimulaient dessous. Elle voulait réveiller la bête, elle voulait être face à elle même, contempler sa propre laideur en observant celle de Crazy, être face à la noirceur d'un être déchiré, être frappée par elle-même en provoquant le vice et remuant le dédoublement d'un être contorsionné. Immobile, placide et fébrile, il observait la scène avec délectation, imperceptible excitation sauvage de l'aboutissement funeste, de l'éclosion à venir, du déchainement brusque et violent qu'elle allait provoquer. Oui, il pressentait que les choses allaient bouger, enfin, que les étoiles qui illuminaient le ciel allaient éclairer ses doutes et animer le confins de ses pensées. Comme un pourri de gosse qui savoure l'attente en cochant les jours sur son calendrier de l'avant jusqu'au jour au viendrait le détestable Noël, il attendait que l'heure fatidique arrive.
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Baise les gens. Une manière très personnelle d’affirmer ma croyance profonde en la misanthropie. 
Dernière édition par Tom Crazen-Blake le Mar 5 Mai - 13:47, édité 1 fois
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Tom Crazen-Blake
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Mar 5 Mai - 13:38 |
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- Cigarette entre ses lèvres, il l'allumât avec désinvolture, comme pour apaiser sa retenue sauvage qui bouillait à l'intérieur de lui et animait l'esprit carnassier de la Belle en chaleur. La laissant s'approcher et jouer avec la feu, il la contemplait dans le silence jouissif qui précédait la tempête. Elle s'approchait de lui, avec cette envie violente de persécution, qui pourrait paraître naïve, mais qui n'en était rien, Tom en était convaincu. Cette fille savait avec exactitude ce qu'elle faisait et ce qu'elle voulait obtenir en titillant sa conscience masquée. Il avait tellement joué de ça qu'il pouvait déceler ce comportement de danger curieux et ambitieux dés qu'il y était confronté. Certainement pas que cette charmante cinglée soit attirée par le peu qu'elle ai pu apercevoir de son être. Ce n'était ni de son apparence dégradée ni de sa conscience qu'elle avait envie, mais c'était de vives explosions hors du temps et d'aventures surprenantes qu'elle voulait vivre et surmonter. Arrivât le moment fatidique ou elle s'installât à ses côtés, passant les frontières du raisonnable, s'allongeant de tous son long près de lui, étendant les mains autour d'elle et rivant ses grands yeux nébuleux vers le céleste ciel qui la surpassait, montrant à sa vue impénétrable ses formes gracieuses et décontractées. Intuitive et sans peur, supériorité spirituelle de penser qu'elle ne risquait rien, surmenage insensible, extrême à la limite du possible. Sentiments d'invulnérabilité du à la cohabitation, le fait d'être deux rendait fort, puissant. Rien à perdre dans un monde ou l'on à rien à gagner. Rapprochement d'une l'étreinte à venir, de corps qui ne cherchent qu'à s'esquinter, de violence recherchée, d'une juste et puissante compensation à la hauteur de ses actes provocateurs. Oh oui, cette fille savait ce qu'elle faisait.
Lente aspiration de la fumée. Toujours la palpable et savoureuse attente. Sentiment croissant d'excitation augmentent à chaque nouvelles bouffées. Rongement intérieur d'un Crazy rugissant de dégout et de rage, grondement intérieur d'un Tom s'approchant enfin de la stupéfaction qu'il espérait un jour apercevoir. Il se fichait pas mal de cette fille en elle-même et de ses actes. Elle pouvait le gifler ou se mettre à poil si elle le désirait. C'était ce qu'elle représentait pour lui qui l'intriguait. Une semblable. Une double. Une provocante créature qui cherchait la confrontation pour être contrainte d'affronter la folie d'un autre qu'elle-même. Cette horreur au fond d'elle qui cherchait à se libérer de cette prison de peau. Toujours plus poussé, toujours plus fort. Repousser les limites du possibles et arracher les voiles, faire tomber les murs et baisser les rideaux, y voir clair et savourer le carnage.
Approche de l'assaillante exploratrice. Son visage était si proche de celui de Tom qu'il aurait put lui donner un coup de tête avec une facilitée enfantine. « Et si je te disais que j'avais envie de toi... » Sourire imperméable dissimulant la satisfaction de la provocation mise en route s'étalant sur son beau visage féminin. Immobilité d'un Tom jetant son mégot de cigarette d'un revers de main. Tressaillement de sa peau translucide au contact d'un des doigts de la provocatrice. L'insouciante femelle avait posée la main sur lui. Regard armé, il la transcendât sans un mots de ses yeux magnifique noyé de rage et de satisfaction. Oui, cette fille avait réveillée le monstre. Tom avait laissé faire avec toute la sainteté et la lucidité inimaginable. Il avait vue venir, pressentit et prévu la chose qui était en train de le foudroyer. Il n'avait ni anticipé ni empêché ce qui était en train d'éclore en lui. Il savait que pour trouver un sens à cette utopie, il fallait que l'affrontement se fasse entre deux créatures décadentes s'il voulait que cette soirée est un but. Il fallait que le fauve soit libéré pour faire face à une bête tout aussi coriace. Il fallait que la confrontation soit digne d'être vécut, soit d'égal à égal, de semblable à semblable, de double à double, de cruauté à salissure. Il fallait qu'il est enfin un adversaire à sa hauteur et cette fille faisait exactement l'affaire. Tom avait choisit de ne pas luter contre Crazy, tout en ayant une parcelle de lucidité pour assister à la scène et y entrevoir la clarté dans le brouillard. Oubliant toutes fausses rebellions, la sécurité et la retenue il s'effaçait, laissant place à l'autre. Accueillant sa dégradante conscience avec une amabilité encore jamais ressentie. Crazy était là.
Yeux de velours embués de bleu, pulpeuse et délicate bouche féline d'une fulgurante fleure rosée, fin visage anguleux et gracieux, teint soyeux et enneigé, longue chevelure bleutée d'un noir nocturne, corps longiligne et délicat, courbes généreuses et merveilleuses, caresse d'une légère main féminine sur sa rigide épaule masculine... Tout cet amas de salissure, cette dégradante imposture, ce masque dégueulasse de féminité et puant la chaudasse à portée de main, provoquant des envies de meurtres, un arriéré goût de salive répugnante, explosions de violence rien qu'à la vue de ce désastreux spectacle. Détonation d'un rire métallique et froid raisonnant dans le silence tueur de la nuit provocatrice et enivrante. Précipitation et pulsions avide de destruction, tout le corps de Tom fut projeté en avant pour aller se jeter sur la jeune fille, là, assise à ses côtés, n'attendant que ça. Elle avait envie de lui, elle allait le sentir. Enserrant ses fines épaules de ses grandes mains empreintes de brusqueries et de violence, comme un malfrat, un violeur s'apprêtant à baiser une sainte petite fille avec toute la dégueulasse force qu'un homme pouvait faire sentir par la présence de ses membres acharnés, il la plaquât contre le sol avec ce sourire de tueur, le sourire d'un meurtrier visualisant déjà la gorge si fine et si blanche de sa victime se tinter de rouge et se déverser chaudement de sang sur son propre corps, il écrasât avec fougue les fines jambes de la détestable présomptueuse et s'assit lourdement sur son ventre mielleux en y mettant toute la haine qu'il pouvait ressentir pour elle, plantent son regard enragé et nageant dans le bonheur du dégout dans le cyan de ses beau yeux:
« - Tu ne peux même pas imaginer le bien être que me procure la haine qui vibre dans mes veines grâce à ta folie. »
Palpitations du cœur, échauffement de l'âme, anesthésie de la pensée, il souriait de toute ses dents, une joie immense le submergeait. Phrase prononcé avec toute la volupté d'un psychopathe assouvissant son plus cher désir, surmontant la Délicate avec toute la violence qu'il éprouvait à son égard, de ses mains avides de dégradations il laissait glisser ses cruels doigts glacés le long du visage de la poupée, caressait ses joues avec dégout et plaisir morbide de s'infliger cette torture. Satisfaction intense que d'affronter une femme, être qu'il détestait de tout ses membres et de toutes les plus petites parcelles calibrées de clartée qui pouvaient envahir ses pensées les plus sombres. Anéantir et pourfendre la demoiselle serait le comble de l'extase, mais Crazy savourait ce moment que de la salir et de s'écœurer à la toucher de la sorte, à être contre elle, à planter son dur regard dans le siens, à être face à une âme aussi noir qu'était la sienne. C'était jouissif que de sentir qu'il n'avait que moyennement le contrôle, n'ayant pas oublié que cette jeune fille était un monstre, tout comme lui, une facette noirâtre pourrissant la vie d'une autre, une semblable dégradante cherchant la cruauté et prenant plaisir à la violence. Oui, Crazy nageait dans le bonheur à l'idée de tourmenter une fille tout en sachant qu'elle y prenait un certain plaisir, que c'était la réunion de deux être noyés dans une pur déchéance, que c'était l'étreinte de deux ordures s'unissant contre les faux-semblants et poussant ensemble les voiles de l'auto-dégradation et de la salissure. L'écrasant de tout son poids, la touchant impudiquement à s'en dégouter lui même,la contemplant avec avidité répugnante et malsaine, il pouvait enfin être face à lui même et savoir à quoi sa folie ressemblait. Ce n'était que délectation de croiser un Être tout aussi déluré qu'il pouvait être lui même. Crazy se rendait enfin compte de son degrés élevé d'aliénation. Et il aimait ça.
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Baise les gens. Une manière très personnelle d’affirmer ma croyance profonde en la misanthropie. 
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Dim 5 Juil - 3:12 |
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Vipère lubrique dans toute sa splendeur, cette idée se concrétisait de par cet air narquois et passablement agaçant qui déformait son visage. Vicieuse et sournoise, elle était écœurante de par sa nonchalance, ses regards provocateurs et ses sourires irritants. Simple délinquance ou bombe à retardement dû à une façon d'être en totale divergence avec le reste de l'humanité ? Impossible à dire. Le plus compétent des grands psychologues serait incapable de répondre à la question, tant la monstruosité des pensées d'Honora pouvait être dégueulasse. Au fur et à mesure qu'elle approchait, la flamme de la folie s'allumait dans ses yeux, éclairant alors des prunelles avides de sensations fortes, affamées d'une véhémence activement recherchée. Vigueur et violence étaient des mots qu'elle connaissait de fond en comble. Sa vie n'avait été rythmée que par ces termes, textuels devenus réels. Vocalement parlant, elle était infect et sordide, c'était inéluctable. Répugnant et Nauséabond, elle faisait en général fuir les gens. Ou était-ce eux qui ne voulaient pas la voir, pas lui parler, de peur d'être rebutés ? Elle avait envie de se bouger le cul, de faire remuer ce qui lui servait de corps, ce qui lui permettait de voyager au grès de ses envies. Composant détestable, organisme immonde dans les chimères de la jeune et folle femme. Elle rêvait à une autre vie, une existence réfractaire à celle-ci, divergente et totalement dissemblable. D'une vie solitaire où elle serait seule maître de son écorce charnelle. Où sa vie ne serait plus tiraillées en divers endroits et plusieurs opinions. Où elle pourrait enfin avoir un semblant de subsistance et de réalité bien à elle. Elle. Honora. Limpide animation d'un pied posé en avant. Déplacement du corps, des pensées, de tout ce qui l'habitait. Nonchalante, elle immigrait en la destination de l'inconnu. Lente progression et oscillation des pattes pour donner un semblant de gesticulation. Léger haussement d'épaules, le rythme qu'elle employait était d'une incroyable indolence. Elle se posait enfin mollement sur le sol, fixant l'inconnu, pour qu'il se rende bien compte de son approche, pour qu'il s'aperçoive correctement qu'elle le narguait de tout son être, qu'elle se foutait littéralement de sa gueule. Lieu à présent trop petit pour deux, trop étroit pour quatre. Exagérément exigu tout court. Concupiscence léthargique d'un corps abandonné, en perdition, à même la terre. Sifflement intense sortit tout droit d'entre ses lèvres, tel un serpent aux aguets, prêt à tout pour défendre sa nidification. Un "Tss" profond qui mariait dégoût et mépris avec perfection. Douce sensation de picotement qu'elle ressentit lorsque sa chaire entra en contact avec le terrain froid d'une nuit glacée. Son épiderme n'en resta pas neutre. Se remuant, s'agitant avec pragmatisme pour remonter le long de son échine en un gros spasme, horripilation des fibres et tissus qui la caractérisaient. Sensation piquante et désinvolte qui ne la fit cependant pas bouger d'un centimètre. Cela ne fit que lui rappellerai qu'elle n'était qu'une simple mortelle, pourvue d'une élémentaire et voluptueuse pulpe épicurienne. Lui rappelant ainsi que rien n'était éternel ici bas et que toutes choses pouvaient si rapidement finir.
Et un soupir de lassitude profonde, seule chose qu'elle laissait transparaître chez elle. Honora s'emmerdait à en crever. Cette éphémère et fugitive constatation permis à Honora d'en devenir nauséeuse. Nauséeuse, car valétudinaire. L'infini, l'immortalité. Mais qui pourrait en vouloir, de cette nommée immortalité en question, dans un monde qui n'était que le reflet de la crasse, la reproduction de cette souillure viscérale qu'était l'être humain. Et tandis qu'elle scrutait le ciel en s'emmerdant, son cerveau se mit à cogiter, à travailler pour trouver une échappatoire à cette lassitude encombrante. Ce fut alors dans un moment de folie intense que l'inconnu prit une place prédominante dans son esprit. Oui, la chose qui traquerait et évincerait son ennui, c'était Lui. Cette chose, cette Loque, ce Débris. Lui. Cet ahuri, ce vaseux imbécile. Lui, son reflet, son miroir caché. Lui, si différent et, à la fois, si semblable. Lui, la répétition de sa propre personne, la parfaite photocopie de son âme, cette même reproduction de ses combats acharnés pour prendre le dessus, cette même imitation de ce qu'elle était intérieurement et qui jouait en contradiction avec ce qu'elle était extérieurement. Le voyage ne faisait que commencer. Un voyage volage qui la mènerait là où elle ne savait. Exploration des terres interdites, ou les limites sont proscrites et où tous dommages sont plus que conseillés. Excursion frivole et ondoyante de l'inconnu, expédition inconstante et infidèle, instable et changeante d'un monde étranger. Traversée fugace de chimères, mirage des sens et illusion d'une vie parfaite. La courante hallucination de ce que l'on voudrait avoir, mais que jamais nous ne pouvons toucher. Le bonheur, la joie de vivre. Mystère insoupçonné d'une existence rêvée, celle où tout est permis et où rien n'est refusé. Mais pour avoir cela, fallait-il encore faire en sorte que les choses changent. Et pour que cela soit possible, fallait qu'elle s'y mette. Qu'elle se bouge le cul. Quoi de mieux que le pur foutage de gueule ? Cette même et constante moquerie qu'elle avait si bien appris à tourner pour son avantage. Railler avec application, ridiculiser obstinément, trouver la moindre parcelle de son être qui pourrait amener à la moquerie, aussi infinie soit-elle. Il y avait tout de même un avantage non négligeable à ne ressentir aucune peur. Elle aimait voir la peur dans le regard des autres, mais ne la connaissait pas, n'arrivait pas à la ressentir. Il y a des espèces de frayeurs qui ne se dissipent que par des frayeurs d'un plus haut degré. Elle se souvenait d'une scène assez particulière de son enfance. Elle se souvenait avoir fait une chute dans les escaliers et en être sortie avec un bras cassé et un traumatisme crânien. Elle se souvenait aussi de sa crainte au moment de rentrer, de sa peur à chaque instant, chaque fois qu'elle croisait des escaliers et de sa terreur qu'elle enfouissait au plus profond d'elle-même au moment de devoir en emprunter. Elle se souvenait que le temps semblait alors se suspendre, s'arrêter et s'étirer. Descendre ou monter des escaliers semblait devoir lui prendre une heure et cela se terminait chaque fois en sueur. Ses vieilles blessures se réveillaient et lui faisaient mal. Et elle l'avait caché. Elle l'avait caché jusqu'à se résoudre à réfléchir à cette peur et à prendre les choses d'une façon différente. Si nous faisons des erreurs et si nous perdons parfois, n'est-ce pas pour apprendre des choses que nous ne savions pas alors ? Elle s'était souvenue de sa précipitation alors coutumière, de son empressement à descendre ces marches trois par trois, avec des chaussures dénouées. Elle s'était souvenue n'avoir jamais fait attention et n'avoir jamais pris la mesure de certains éléments qui, dans certaines conditions, se transformaient en dangers. Elle avait alors réalisé qu'elle avait changé, qu'elle n'avançait plus sans savoir. Elle avait cherché à briser l'Inconnu et à apprendre, encore et encore, jusqu'au jour où elle n'eut plus peur de rien. Elle n'avait pas peur car elle se savait capable, ou du moins se sentait-elle capable, d'éviter toute erreur. "Exposez-vous à vos peurs les plus profondes ; après cela, la peur ne pourra plus vous atteindre." ; La peur ne l'atteignait plus depuis longtemps et elle en était consciente.
Après quelques secondes d'errance intérieure, elle revint à elle doucement et posa son regard métallique sur le Débris en question. Elle le savait fort, mais elle le savait aussi confiant, peut-être plus encore qu'elle-même. Elle le savait donc vulnérable, à condition de savoir chasser cette proie si particulière. Elle savait qu'elle avait réussi à attirer son attention, et peut-être n'était-ce pas que le rôle qu'elle jouait. Elle le trouvait semblable à ce qu'elle était. Était-ce une impression partagée ? Elle devait sans assurer. Lui chuchoter quelques conneries. A le regarder, la simple vue d'une femme le répugnait. Misanthrope, le Mister ? Rien de tel que lui faire croire qu'elle le désirait... Ah, le vilain garçon résistait ! Ce n'était pas étonnant après tout. Honora s'était attendue à pire. A ses premières paroles, elle ne s'attendait pas à une offensive en règles. Elle avait craint avoir visé trop loin en le ramenant au niveau du reste des gens. Apparemment, il n'avait pas beaucoup apprécié, mais il ne l'avait pas vraiment attaqué. Il avait l'air perdu dans ses pensées. Il savait pertinemment qu'il n'était pas mieux que les autres dans sa nature et que c'était un combat que de se hisser au-dessus d'eux. Honora, elle, ne se sentait pas concerné par la bassesse humaine. Néanmoins, elle acceptait de reconnaître qu'en de nombreuses occasions, il lui arrivait de se montrer bien méprisables dans son comportement. Et à l'instant où elle s'y attendait le moins, il se ruait sur elle, alors que la demoiselle se prenait un plaquage dans la gueule. Le dos plaqué au sol dans une incroyable violence, sentant ses os heurter la surface dure du macadam, sentant sa peau brûler de son frottement sur le goudron, sentant le picotement d'un sol gelé sur la fine peau nue du bas de son dos découvert. Le grésillement des fines branches éparses éparpillées sur le sol, qui craquelèrent sous le poids de son corps cogné abruptement et écrasé par la pression supplémentaire de deux mains sur ses épaules. Une masse supplémentaire oppressée sur le bas de son ventre, l'anonyme s'y installait confortablement. Sa moquerie avait donc bien fonctionné, elle en était heureuse et cet engouement se décryptait avec facilité dans la liqueur bleue de son regard métallique. Et un gloussement moqueur s'échappa de sa gorge limpide pour se perdre dans le souffle de cette nuit creuse. Rire cinglant qui prenait douloureusement les tympans, sans aucune joie, sans aucun ressentit. Juste cette envie récurrente de blesser, de cingler par n'importe quel moyen. La colère illuminait ses yeux comme un feu d'artifices éclairait les cieux. Un souffre chaud sur son visage, impétueuse odeur d'alcool mélangé à cette senteur froide de vieille nicotine. L'inconnu puait. En avait-il seulement conscience ? Honora avait une mission à remplir, un objectif qu'elle s'était fixé ; un objectif à issues variables qui, toutes, lui apporteraient des réponses : Emmerder l'inconnu. « Tu ne peux même pas imaginer le bien être que me procure la haine qui vibre dans mes veines grâce à ta folie. » Elle souriait en accueillant les paroles de l'anonyme au creux de ses oreilles. Il disait avoir de la haine. Elle le soupçonnait déjà d'être quelqu'un de fort, ignorant la peur en raison de son passif. Elle doutait instinctivement qu'il puisse pourtant avoir fait face à l'ensemble de ses peurs. Il y avait toujours une peur cachée pour déstabiliser quelqu'un qui pensait être inébranlable. La nature de l'être le rattrapait toujours lorsqu'il se prenait à rêver de mieux. C'était toujours ainsi. Pourtant, elle comprenait. Elle comprenait qu'il puisse sentir la haine véhiculer en lui, tout comme elle comprenait cette volonté de se hisser au-delà de sa simple condition. Elle-même n'y échappait pas. Lui et elle étaient semblables sur de nombreux points.
Dernière édition par Honora K. Yumih le Lun 17 Aoû - 0:55, édité 2 fois
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Sujet: Re: Total eclipse of the heart. | Tom. | Dim 5 Juil - 3:13 |
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Un jour, un penseur humain - si l'on pouvait considérer que les Humains savaient penser à autre choses qu'aux querelles et aux rapports de force - avait déclaré bille en tête que les relations sentimentales, sexuelles et guerrières n'étaient différentes l'une de l'autre que dans la manière de procéder et que chacune apportait son lot de bienfaits et de désagréments. Il expliquait encore un jour que toute création nécessitait un apport égal de destruction et que rien ne pouvait échapper à cette Loi universelle. Il considérait de façon vaniteuse que tous les peuples ne pouvaient s'élever plus haut qu'au moment de leur naissance et qu'ils ne pourraient jamais retomber plus bas. C'était tellement navrant qu'Honora n'avait même pas cherché à retenir le nom de ce petit imbécile grisâtre et potelé. Il avait été très largement décrié et, comme beaucoup de célébrités controversées, il fut assassiné lors d'un de ses déplacements quotidiens. Pour la jeune femme, pour commencer, les notions sentimentales n'entraient pas en compte, et la sexualité n'était pour elle qu'un moyen de prendre son pied et, malheureusement, qu'un moyen de reproduction et même plus un plaisir réservé aux hédonistes et aux pervers dans leur recherche constante d'exotisme et d'expériences primitives. Le cas guerrier restait valide tant que les deux camps opposés étaient capables de faire preuve d'une puissance, d'une intelligence et d'une approche tactique particulièrement semblable, ce qui n'était déjà même pas le cas sur cette pieuse terre ; alors où pouvait-il bien être allé chercher cette affirmation ? Toute chose est une affaire d'optique subjective, de conjoncture et de race. D'un point de vue strictement propre à Honora, toute chose qui croisait sa route devait être profitable, car qu'importait les dérapages, elle apportait des bienfaits de toute sorte et méritait l'investissement engagé, quelle qu'en soit la nature et quel que soit le retour. Une personne perdante était une personne faible et devait de toute façon rejeté par l'ensemble des siens, du père au larbin. Honora n'échouait pas, qu'importe le temps ou l'investissement et quelle que soit la cible. Son intellect supérieur lui offrait la chance de pouvoir concrétiser tout projet et de s'élever bien au-dessus de toute la vermine grouillante de l'univers. Et en jeune femme force, Honora ne pouvait échouer. Les faits parlaient d'eux-mêmes, car déjà, sa main se glissait péniblement dans sa poche, les doigts partant à la recherche de son objet fétiche, ce met couteau à lame crantée qui lui avait maintes fois sauvé la vie. Elle l'avait observé un instant, alors qu'il se concentrait sur le passage de ses doigts osseux sur ses joues creuses, sa mâchoire délicate et sa peau de neige. Il lui avait parlé, avait causé de la haine qui grondait en lui et que sa folie animait d'un feu intense. Elle n'y avait pas fait plus attention que cela, bien que ses paroles eurent pu lui donner un nouvel indice de la situation psychologique de cet inconnu. Elle n'en aurait pas besoin. En attendant, elle avait tourné le visage vers la droite pour ne pas avoir à le regarder, elle avait tourné la tête et était retourné à l'observation du sol. La vue qu'il dégageait la révulsait, l'odeur putride qu'il laissait flotter était nauséabonde. L'inconnu, lui, se contentant d'orienter son regard en un seul endroit : vers elle. La jeune avait senti se poser sur elle un regard tellement familier qu'elle non plus n'en ressentit aucune crainte ; mais elle le reconnut : c'était celui de la prédation. Elle n'observait pas l'anonyme et n'aurait su affirmer qu'il l'observait toujours à cet instant, mais elle sentait cette pression, celle d'un esprit tentant d'en percer un autre sans la moindre prudence et sans la moindre crainte. L'inconnu pensait pouvoir l'observer, la disséquer, l'analyser comme une proie. Il pensait pouvoir la chasser et être le prédateur, mais il se trompait.
Pour la forme et par mesure de sureté, Honora avait commencé à gratter du bout de l'ongle le faux bois qui composait le manche du couteau, lequel elle avait glissé entre ses doigts sans que l'autre ne s'en rende compte. Elle appréciait ce contact froid et sans vie sous sa main, autant qu'en certains instants, elle trouvait reposant de se trouver entourée de meubles faits de matières vivantes ou l'ayant été, de matières organiques et possédant un profil distinctif, un profil qui disait que cette chose avait vécu et qu'elle était là, à continuer d'exister dans la mort. La jeune femme savait depuis bien longtemps, que certaines personnes considéraient les arbres, pour prendre cet exemple, comme des êtres vivants et pensants. Toute chose dans la nature possédait une vie et un esprit. Un esprit comme elle ne pouvait comprendre ce genre de considération, mais pouvait admettre que la signature reconnaissable de ces matières organiques pouvaient donner l'illusion d'une vie, d'une existence propre. Leur croissance, fruit de mouvements innés et aléatoires, n'était qu'une évolution anarchique d'un être ; et comme tout être il devait mourir. Mais cela ne lui donnait pas un esprit et une vie. Et tout en réfléchissant à cela, elle laissait courir une limite temporelle de bienséance qui la rapprochait du moment où il devrait faire comprendre à l'autre imbécile qu'il n'avait pas les cartes en main. Il se croyait prédateur et pensait pouvoir la chasser. Il considérait qu'elle lui appartenait, ce soir, de chasser. Qu'à cela ne tienne ; Honora savait pourquoi et se laisserait faire. Mais elle resterait maître de la situation. Qu'il lui plaise ou non, quoi qu'il en pense, elle le tenait dans le creux de sa main. Lorsque l'on approchait une personne, il était toujours avantageux de posséder une odeur et des marquages créant des traits d'union. La simple odeur que dégageait l'anonyme était celle de la mort, muée à celle de la saleté, cette même dernière muée à la transpiration d'une nuit lourde comme une chape de plomb, lourde car électrique, pesante et grasse. Et ce fut sans qu'il ne s'y attende qu'elle se redressa légèrement en prenant appui sur ses coudes et ses avants-bras. Le couteau ouvert et tenu fermement entre ses fins doigts, elle planta son regard froid et gelé dans le sien, s'arrachant un petit sourire cynique, ironique de par la froideur et la moquerie qu'il dévoilait. Car déjà, sa main armée s'en levait d'un mouvement brusque, pointant la lame dans le dos de l'inconnu, le piquant avec vigueur, tandis que la garde devant osciller entre ses vertèbres. Oh, il ne saignait pas, elle ne poussait pas assez fort pour cela. Mais Honora voulait qu'il sache. Elle voulait qu'il prenne conscience qu'il n'était pas maître de la situation, qu'il n'avait pas toutes les cartes en main, qu'elle aussi pouvait se montrer haineuse et joueuse.
- Profites-en bien Darling, ça ne saurait durer bien longtemps. La jeune femme avait répondu rapidement, sans détour, simplement en observant son "interlocuteur" dans les yeux pour, à nouveau, le laisser inonder ses sens et sa petite personne. Le visage à quelques centimètres à peine du siens, elle souriait de toutes ses dents, plantant plus fortement la lame de son canif entre les vertèbres de l'inconnu, se redressant un peu plus, pour l'emmerder. Juste pour le faire chier. Elle était folle, certes. Et puisque sa folie faisait circuler en lui la haine viscérale qui l'aidait certainement à avancer, à ne jamais reculer, elle allait lui montrer. Lui faire entre-voir ce qu'était la vraie folie. Celle qui vient du corps, qui anesthésie les pensées et qui nous font faire des actes que l'ont peut qualifier de barbares. Honora ignorait ce à quoi l'inconnu songeait, mais quoi qu'il en soit, elle saurait s'en contenter et prendre cela comme une chance de pouvoir reculer le point de non retour de ce dossier. Peu importe comment la soirée se finirait, elle serait satisfait de sa réussite. Car elle réussirait à percer le mystère qu'il était. Cette réflexion ne lui prit que quelques dizaines de secondes. En revenant peu à peu à elle-même, Honora constata que le jeune homme n'avait pas bougé d'un centimètre. L'avait-il seulement entendue ? Elle sentait la chaleur de l'alcool animer des réactions chimiques propres à ces instants dans son estomac. La demoiselle avait tendance à être hédoniste et l'alcool, fléau des éminences et des peuples, ne l'atteignait peut-être pas autant que d'autres. Néanmoins, Honora sentait cette liqueur typique commencer à l'affecter. Elle ne réduisait pas ses facultés pour le moment, mais elle semblait rompre certaines inhibitions qui la tenaient habituellement sagement en laisse. Elle savait qu'elle aurait dû stopper immédiatement, mais la volonté de tenir son rôle et une force non identifiée en elle la persuadaient de ne rien en faire et de continuer. Était-elle vraiment irritée en cet instant ? Oh non, pas tant que cela en fait. Elle ne se laissait pas faire et c'était cette détermination qu'on lisait avant tout dans ce regard de prédateur qu'elle pouvait lancer.
- Vous êtes tous pareils. Souvent prompts à vouloir vous démarquer, mais on voit vite revenir les mêmes schémas en force, comme en ce moment même. Dis-moi, est-ce que tu as peur ? Cette question, elle l'avait posée sur un léger ton de défi. A peine assez pour ne pas le faire sortir de ses gonds à vrai dire, mais suffisamment pour l'écorcher. S'il pensait être tombé face à une charmeuse triviale et comme n'importe quel pilier, ma foi, il était peut-être déjà en train de se rendre compte qu'il n'était pas simplement face à une sycophante que ses hormones poussaient à se ridiculiser. Il n'était pas face à quelqu'un capable de s'abaisser ou de se mentir pour arriver à ses fins. Honora mentait souvent, oui, mais jamais elle ne se mentait à elle-même.
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Total eclipse of the heart. | Tom. | |
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